jeudi , 24 septembre 2020

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Des habitudes d’un autre temps

Le mois de Ramadhan 2018 est déjà bien entamé puisque il roule vers la fin de sa deuxième quinzaine et semble se passer plutôt dans la quiétude et sans gros tracas. Bien sûr au tout début, certaines voix s’étaient élevées pour dire que les pouvoirs publics (encore un fois), ont failli à leur engagement et n’ont pu assurer un contrôle rigoureux des prix, cédant ainsi et comme d’habitude à cette mafia de spéculateurs qui imposent ses règles à tout le monde et semble avoir toujours une longueur d’avance y compris sur le ministère du Commerce.
Bien sûr, le fait n’est pas nouveau et les prix ne peuvent jamais être comme annoncés par les pouvoirs publics, car, fatalement, il y a un maillon qui manque dans la stratégie du gouvernement et qui ne manque, malheureusement, jamais chez la mafia du gros et du détail que ce soit pour les fruits et légumes ou les viandes. Et si certains ont cru utile et productif d’accabler le ministre du Commerce, qui vient juste de prendre ses fonctions et auquel on a hissé ce Ramadhan comme premier test, il faut savoir que Said Djellab, a fait actionné les mécanismes qui s’imposaient en de pareils cas, mais ni lui ni aucun autre ne peut vraiment endiguer cette hausse brusque des prix, qui n’est pas le fait uniquement des mafias précitées, mais aussi et surtout du comportement condamnable du consommateur.
Le chaînon manquant dans toute stratégie de contrôle du prix ou plutôt de prix soumis à une réelle valeur de l’offre et de la demande, donc, dans un marché libre, dépend en grande partie des habitudes de consommation des citoyens. Mais alors comment peut-on mettre en pratique une quelconque stratégie si le citoyen s’adonne à une frénésie de consommation à la limite du tolérable. Que faire quand des gens s’arrachent des sachets de lait par dizaine, alors qu’ils n’ont besoin que d’un. Que faire si ces mêmes gens achètent dix kg de riz, alors qu’un seul suffit et les exemples sont légions à n’en pas terminer. On prend à bras ouvert tout ce que l’on trouve sur les étagères, jusqu’à épuisement, et parfois jusqu’à la pénurie.
Devant une telle irresponsabilité, il ne faut pas gémir par la suite et répéter la fameuse phrase du «tout est cher». Ce qui est cher, c’est surtout la facture que nous contribuons à gonfler à cause de nos comportements et ce qui est grave c’est cette insouciance ou inconscience à croire que l’Etat est toujours là pour nous donner coup de pouce et subvention. Non les temps ont commencé à changer et nous devons bien finir par changer nos mauvaises habitudes et revoir les choses avec de nouveaux yeux autres que ceux de l’abondance et de l’Etat vache laitière.
Le temps de la «dawla» et d’«el ichtirakia» est bien révolu et les temps seront encore de plus en plus durs. Il faut en prendre conscience aujourd’hui avant demain.

Par Abdelmadjid Blidi