mardi , 19 octobre 2021

Des locales qui ne décollent pas

A deux mois des prochaines élections locales et à quelques semaines du coup d’envoi de la campagne électorale, le constat à faire est que ça ne prend toujours pas au sein de l’opinion nationale. Pourtant, les partis politiques et les autres indépendants en course pour des sièges des APC et des APW, sont au cœur de l’opération de collecte des signatures. Cela dit, ils donnent l’impression de ne pas trop savoir comment ça marche. Le manque de mobilisation des électeurs potentiels, l’absence d’un vrai savoir-faire en matière de gestion de tels événements chez les formations politiques et un certain désintérêt de la part de la société pensante, font que le top départ de la course aux signatures sonne comme un mauvais film qui risque de ne pas capter l’intérêt des citoyens.
On sent, en effet, dans l’attitude de l’Algérien moyen une franche scission entre la classe politique et la société réelle. L’attitude plutôt timide de l’ANIE, malgré l’absence de tout risque de boycott de la part de la classe politique, fait ressortir une sorte d’attentisme, voire une posture en décalage. On en veut pour preuve les nombreuses sollicitudes des partis, visiblement inquiets de rater l’opération collecte de signature, dans une ambiance générale déconnectée du fait électoral. En effet, aucune communication digne de ce nom n’est organisée autour du prochain scrutin. A deux mois de leur tenue, la moindre des choses serait que les cadres de l’Anie fassent convenablement leur travail, à savoir populariser l’acte de vote, dans l’optique d’améliorer le taux de participation. Or, au lieu de cela, on ne voit que le président de l’Anie seul face aux partis. Il y a donc dans cette posture attentiste un déficit qu’il faudra absolument combler. Cette attitude n’apporte rien au débat citoyen sur l’utilité des scrutins, sauf peut être, un recul de la crédibilité de l’Anie, qui semble ne plus savoir son rôle politique dans l’opération.
Nous voilà donc dans une atmosphère morne et sans contour, au moment où il devait avoir beaucoup de «bruit» autour des élections locales, sachant que l’option boycott a tout simplement disparu. A ce rythme d’escargot, il est très probable que l’on se dirige sans doute vers des annulations de meetings ou à des petits «carnavals» de proximité, avec en prime des promesses farfelues, irréalisables et, bien entendu, sans aucune garantie de mise en œuvre sur le terrain. Tout cela sous l’œil indifférent des intellectuels nationaux pour qui, seule la présidence de la République vaut qu’on s’y intéresse pour des raisons évidentes de pouvoir.
Par Nabil G

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