lundi , 6 juillet 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Tlemcen</span>:<br><span style='color:red;'>Des mosquées historiques à préserver</span>

Tlemcen:
Des mosquées historiques à préserver

D’anciennes mosquées de la wilaya de Tlemcen, compte tenu de leur état de dégradation, nécessitent des travaux de restauration et de réhabilitation.

Dans cette optique, la direction locale des affaires religieuses et des  waqf compte mettre en place une commission, composée de ses cadres et de  ceux de la direction de la culture, pour recenser ce patrimoine matériel et  définir la nature des travaux à entreprendre pour le préserver. Si de nombreuses mosquées avaient fait l’objet de travaux de restauration  dans le cadre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture  islamique», organisée tout le long de l’année 2012, d’autres lieux de  culte, plusieurs fois centenaires, se trouvent dans un état nécessitant des  opérations de restauration pour les préserver des aléas du temps.
Le responsable du service de l’enseignement coranique et de la formation  religieuse, Ahmed Bendjemaï, a indiqué à l’APS qu’un premier recensement  d’anciennes mosquées a été déjà effectué. Il a relevé que la wilaya de  Tlemcen compte 91 sites datant de plusieurs siècles. Sur ce nombre, seuls 26 lieux de culte ont été classés par décret exécutif. Au titre de la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique», les deux grandes mosquées de la ville de Tlemcen et de Nedroma, ainsi que  celles de Sidi Brahim, Sidi Benna, Ouled El Imam et Sidi Yedoun au  chef-lieu de wilaya et l’ancienne mosquée de Beni Snous ont été restaurées.
Les mosquées Agadir et Sidi Boushak Tiyar, sur les hauteurs d’El Eubad,  dans la commune de Tlemcen, se trouvant dans un état dégradé n’ont pas fait  l’objet de travaux de sauvegarde, a indiqué le même responsable.

Des lieux chargés d’histoire

Les anciennes mosquées de Tlemcen représentent une partie du patrimoine  matériel et culturel de cette région et attestent de la place stratégique  qu’occupait la ville au Moyen-âge. La protection de ces sites signifie  incontestablement la protection de ce patrimoine historique et de  l’histoire de toute la wilaya, a-t-on estimé.
Des sources historiques indiquent que la grande mosquée de Tlemcen a été  édifiée en l’an 1136 sous la dynastie des Almoravide. Ces derniers ont  également construit la grande mosquée de Nedroma. D’autres mosquées de la wilaya comme celles d’El Mechouar, de Sidi L’hlou,  d’Agadir, dont ne subsistent que des pans de ses murs et son minaret, d’El Mansourah et d’El Eubad, construites par les Mérinides, témoignent des  civilisations passées dont le raffinement et le rayonnement se reflètent  dans le style architectural des mosquées, leurs formes, leurs décorations,  leurs minarets et leurs arcades distinctifs. Par ailleurs, ces mosquées ont également joué un rôle prépondérant dans la  vie culturelle et civilisationnelle de la Cité pour avoir été des pôles  drainant d’illustres savants et d’un grand nombre d’étudiants. Elles ont  également constitué de hauts lieux d’enseignement de différentes sciences.  Leur rayonnement s’est peu à peu estompé avec les aléas du temps et de la  nature et avec les effets destructeurs de la colonisation.

Un patrimoine matériel à renforcer

Outre la sauvegarde de ce patrimoine historique de grande valeur, quelque  183 nouvelles mosquées sont actuellement en cours de construction à travers  les nouveaux sites d’habitation et des communes de la wilaya. Ces projets  sont l’œuvre de bienfaiteurs et d’associations religieuses. Selon le responsable du service de l’enseignement coranique et de la  formation religieuse, Ahmed Bendjemaï, la construction d’un seul lieu de  culte nécessite une enveloppe de 120 millions de dinars. La wilaya de Tlemcen compte 931 mosquées. Depuis le début de cette année,  la direction chargée du secteur a reçu 150 nouveaux dossiers de projets de  construction de nouvelles mosquées. Avec son riche patrimoine historique et ses potentialités naturelles  diversifiées, la wilaya de Tlemcen compte promouvoir tous ces atouts pour  en faire des vecteurs de développement local, créateur de richesses et d’emplois. Les tourismes cultuel et religieux peuvent être un des créneaux  à investir et à développer.