lundi , 28 septembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Tribunal de Sidi M’ahmed </span>:<br><span style='color:red;'>Des peines de 8 à 12 de prison requises à l’encontre de Ould Abbes et Barakat</span>

Tribunal de Sidi M’ahmed :
Des peines de 8 à 12 de prison requises à l’encontre de Ould Abbes et Barakat

Le parquet du tribunal de Sidi M’ahmed a requis de lourdes peines d’emprisonnement à l’encontre des anciens ministres Djamel Ouled Abbes et Saïd Barakat.

Dans le cadre du processus de lutte contre la corruption et de la dilapidation des deniers publics, le tribunal de Sidi M’ahmed dans lequel la plupart des affaires d’anciens hauts responsables et hommes d’affaires ont été examinées, a enchaîné ces derniers mois les procès.
Après le réquisitoire prononcé samedi dernier à l’encontre des frères Kouninef et leurs co-accusés, c’est au tour des anciens ministres de la Solidarité nationale et de la famille de connaître les peines requises par le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’ahmed, en plus d’amendes et saisine de leurs biens
Ainsi, le représentant du parquet a requis douze (12) ans de prison ferme et une amende d’un million (1) de DA à l’encontre de Djamel Ould Abbes, et dix (10) ans de prison ferme et la même amende pour Said Barakat, avec saisie de tous les revenus et fonds illégaux des accusés.
Les deux anciens ministres poursuivis pour détournement et dilapidation de deniers publics, conclusion de marchés en violation de la législation, et abus de fonction lorsqu’ils étaient à la tête du département de la Solidarité nationale, n’étaient pas les seuls à être concernés par cette affaire
En effet, le président de l’Organisation nationale des étudiants, Hamza Chérif, est aussi poursuivi dans le même procès.
À l’encontre de ce dernier qui avait occupé également le poste de chargé d’études et de synthèses au ministère de la Solidarité, dont l’Organisation des étudiants est chargée en vertu d’une convention contraire à la loi de superviser des opérations de solidarité, le représentant du parquet du tribunal de Sidi M’ahmed a requis une peine de dix (10) ans de prison ferme et une amende d’un (1) millions de Da.
D’autres cadres du même département ministériel ont été également poursuivis dans le même procès. Il s’agit de l’ancien Secrétaire général du ministère de la Solidarité nationale, Bouchenak Khaldi, et du Directeur du protocole de Djamel Ould Abbes, M. Dejellouli Said à l’encontre desquels le procureur a requis des peines de 8 ans de prison et d’un (1) million de Da.
Le parquet a requis la même peine à l’encontre de Ismail Benhabiles et Amer Sid Ahmed, des fonctionnaires au ministère, avec confiscation de tous leurs fonds illégaux.
S’agissant du fils de l’ancien SG du FLN, El Ouafi Ould Abbes qui se trouve actuellement en fuite et ayant été poursuivi pour d’autres affaires de corruption, le procureur de la République a requis 10 ans de prison à son encontre, avec émission d’un mandat d’arrêt international pour exploitation des fonds de la Caisse nationale de la solidarité dans les campagnes électorales. Hormis les accusés sus-cités, d’autres personnes impliquées dans le même procès ont pris connaissnce des peines prononcées à leur encontre. Il s’agit des peines d’emprisonnement allant de 2 à 3 ans et une amende allant 500.000 à 1 million de Da.
Concernant le contenu du dossier, la partie civile a fait état dans son plaidoyer d’un montant dépassant les 1850 milliards de centimes, dont ont bénéficié 4 associations présidées par l’ancien ministre de la Solidarité, Ould Abbès, sachant que le recours à ces associations et organisations en tant qu’intermédiaires pour superviser l’acquisition des outils et les opérations de solidarité avait pour seul objectif d’éviter le recours aux marchés publics.
Concernant le volet de l’acquisition des 1200 ordinateurs destinés aux lauréats du Bac, session 2008, le montant de l’opération a atteint 680 milliards de centime, dont 226 appareils ont été remis à l’ONEC (Office national des examens et concours), et le reste distribué à des personnes qui n’ont aucun lien avec les catégories bénéficiant des aides de l’Etat.
À signaler que l’ancien SG du FLN est poursuivi aussi pour d’autres griefs qui tournent autour du délit de corruption.
En effet, quelque 1200 milliards de centimes ont été dilapidés par l’Association de Solidarité, de paix et de perspectives (présidée par Ould Abbès) pour motif d’organiser un plan bleu et des colonies de vacances au profit des enfants du Sud, or mis finalement à la disposition d’autres familles, dont des enfants de cadres du ministère, sachant que la loi de ces associations ne confère aucune mission d’organiser ce type d’opérations.
Le représentant de la partie civile a signalé aussi d’autres reproches à l’encontre des accusés. Il a fait état de 9 bus remis à la wilaya de Ghardaïa après les inondations, sur un total de 157 autres acquis, indiquant que même les confréries (zaouias) en avaient bénéficié.
Samir Hamiche