mercredi , 25 novembre 2020

Des retards et des tergiversations inexpliqués

Les Jeux méditerranéens qui auront lieu à Oran en juin 2021, semblent constituer l’un des meilleurs arguments avancés pour motiver une «accélération» des travaux de tous les projets et opérations d’aménagement en cours à travers la Ville et la Wilaya. C’est le cas pour ce projet de restauration du siège de l’hôtel de ville qui, lui aussi, enregistre un retard important. Dimanche dernier, le Wali d’Oran a une nouvelle fois instruit les responsables et gestionnaires concernés pour une relance des travaux afin de livrer le bel édifice rénové avant la date du rendez-vous sportif qui drainera un grand nombre de visiteurs étrangers. Le monument architectural de la Mairie avec ses deux splendides lions gardant l’entrée, mérite évidement d’être inscrit dans les promenades touristiques qui seront sans doute programmées. Mais le chantier de réhabilitation des structures à l’intérieur du bâtiment n’a toujours pas été lancé, ce qui fait dire aux observateurs pessimistes qu’il est peu probable qu’en moins d’un an et demi, le siège de la grande mairie puisse être enfin rouvert au public. Pourquoi ces retards et ces travaux à l’arrêt? C’est bien la question récurrente qui se pose bien trop souvent à propos d’un grand nombre de projets et d’opérations initiées. Le marché de la rue de la Bastille, le Grand Hôtel, la mosquée du Pacha, le Palais du bey, la rénovation du quartier de Sidi El Houari, et bien d’autres actions souffrent depuis des années de ces incompréhensibles situations administratives et financières, parfois une spirale bureaucratique souvent aggravée par un déficit de compétence et de maîtrise des dossiers par différents acteurs concernés. On sait pourtant que les services techniques de la commune d’Oran avaient élaboré une fiche technique afin d’entamer et d’achever dans les délais la restauration des parties intérieures de l’édifice, dont la salle des Conférences, la salle des délibérations, la salle des délégations hôtes et le cabinet du maire. Une enveloppe financière de 50 milliards de centimes a été annoncée il y a deux ans, dégagée, dit-on, par la wilaya pour l’achèvement des travaux. Mais aujourd’hui, on apprend que ces travaux de restauration et d’aménagement intérieurs de l’hôtel de ville, «sont à l’arrêt pour manque de moyens financiers..». Ce projet de restauration de l’Hôtel de ville, qui a connu à son chevet pas moins de trois walis successifs, devait en principe être initialement livré en novembre 2017. Après un imbroglio administratif qui a été tranché par les tribunaux, la première entreprise intervenante, un «groupe» algéro-italien, a abandonné le chantier et fut remplacé par un opérateur algérien plutôt connu pour son sérieux et son intégrité. Mais après achèvement et livraison de la façade rénovée de l’édifice, l’opérateur à finalement quitté les lieux, il y a déjà plus de six mois. Un peu à l’image de la carcasse en béton de l’ex-hôtel château-neuf, le siège historique de la belle Mairie risque lui aussi de s’inscrire dans la liste déjà bien longue des retards et des tergiversations inexpliquées qui pénalisent depuis des décennies à Oran le développement local et le progrès…
Par S.Benali