mardi , 16 août 2022

Des sites historiques dégradés et abandonnés

Le Palais du Bey, le monument le plus connu de la période ottomane, construit sous le règne du Bey Mohamed Ben Othmane El-Kebir (1779 – 1796) est à l’abandon depuis plusieurs décennies. Toutes les actions et projets de restauration annoncés par les responsables locaux successifs ont lamentablement échoué. Ce monument classé au patrimoine national , avec tous ses vestiges historiques datant du XIVe siècle, est en péril et abandonné depuis plusieurs années. Le Palais du Bey, qui s’étend sur plus de 5,5 hectares, comprend trois sites distincts : le diwan du bey, la résidence et le pavillon de la favorite. Symbole de la reprise de la ville de l’occupation espagnole, ce palais situé dans une zone urbaine stratégique dominant le port d’Oran a été occupé par l’armée coloniale française de 1931 à 1962. Rares sont ceux qui savent que le Palais du Bey était relié par un tunnel souterrain à la mosquée du Pacha, un autre monument historique de la période ottomane construit après la libération de la ville sur ordre du pacha Baba Hassan d’Alger. La mosquée du Pacha, fermée depuis près de deux décennies, est, elle aussi, abandonnée et dans un état de dégradation avancée. En 2018 elle a même été squattée par des familles qui occupaient une bâtisse du vieux bâti à moitié effondrée dans le quartier de Sidi El-Houari. Ces familles ont été relogées et un gardien a été désigné pour empêcher une nouvelle occupation du site. Mais malgré les promesses et les effets d’annonces, rien n’a été engagé pour sauvegarder et restaurer cette ancienne Mosquée. Et cela malgré les fermes instructions données par le Président de la République pour la restauration des anciennes mosquées. La quasi-totalité des monuments historiques des époques arabo- islamique, ottomane risque ainsi de disparaître dans les prochaines décennies, si rien n’est entrepris dans l’urgence pour les restaurer et les réhabiliter. Et, curieusement, seul le réseau de fortification espagnole de la ville, composé des forts classés de Santa Cruz, Saint Grégoire, San Pedro, San Diego, et San Philippe a connu des actions de restauration permettant d’inscrire le vieux système défensif espagnol de la ville d’Oran au patrimoine de l’Unesco. De son côté, la Chapelle chrétienne de Santa Cruz qui domine la ville, a été convenablement restaurée et aménagée grâce aux efforts de l’évêché d’Oran et à la mobilisation active de plusieurs acteurs sociaux et opérateurs économiques. Ce qui est bien loin d’être le cas pour le Palais du Bey, la Mosquée du Pacha, la promenade Benbadis et bien d’autres sites historiques livrés à l’abandon et oubliés. Et souvent même totalement ignorés par les jeunes oranais …
Par S.Benali