dimanche , 24 janvier 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Fin de l’aventure pour Bakhti photo</span>:<br><span style='color:red;'>Destruction de 2 millions de cartes postales</span>
© OT / Adda

Fin de l’aventure pour Bakhti photo:
Destruction de 2 millions de cartes postales

Le temps des cartes postales semble être révolu et le premier éditeur d’Oran et d’Algérie de cartes portales, monsieur Bakhti Hadj Abdelkader, semble se rendre à l’évidence.

En effet, dit-il, les temps ont changé et l’avènement de l’Internet et du portable a changé la vie du citoyen qui vit dans un monde artificiel et chez nous, tout semble disparaître. Il a peu de librairies ou plus de librairies et actuellement, ces commerces ou kiosques ne veulent plus vendre de cartes postales à défaut de culture. « J’avais un grand stock de cartes postales de diverses villes d’Algérie, et j’ai pensé les offrir aux écoles, lycées, universités et associations que j’ai contactés pour leur remettre des colis.
Aucune réponse de leur part. J’ai attendu et plus j’ai décidé de les brûler au centre d’enfouissement de Hassi Bounif. J’ai compris que nous vivons dans un autre monde, qui manque de culture ». avec une grande amertume, Bakhti revient sur l’historique de la carte postale qui a fait sa renommée. « Au départ, j’ai commencé en 1950 une carrière dans la confiserie, les caramels et où on découvrait des photos d’animaux numérotés et on gagnait un vélo si on réussissait à compléter les 10 numéros. Puis, j’ai commencé à vendre des cartes postales d’artistes et surtout de chanteurs et je me déplaçais au Maroc pour ramener les photos des chanteurs et autres pour les revendre. C’était très demandé à cette époque comme les photos du cheikh Slaoui et des autres grands chanteurs qui se vendaient bien. J’étais dépositaire et en 1963, malgré les grandes maisons d’éditions dans ce domaine, je me lance et après avoir été un dépositaire je me lance dans la production, c’est-à-dire, la prise de vues, ce qui m’a permis de bien connaître mon pays, l’Algérie et le Sahara.
Je sillonnais toutes les villes d’Algérie pour les photos et c’était difficile, il y avait le monopole de l’Etat (SNED) et l’ONAT qui vous bloque. Mais je me suis débrouillé une licence au temps du ministre Yaker et j’ai pu importer des images, surtout des cartes de vœux, des images fantaisistes des cartes de vœux. Pour ce qui des reportages photos dans le Sud, les responsables des grandes sociétés préféraient ramener et enrichir les étrangers, ils avaient un complexe de l’occidental et les livres qu’ils éditaient étaient déjà commandés et payés avant même leur production, c’est vous dire la difficulté de travailler avec nos grandes sociétés. Puis en 2005, la vente de la carte postale a commencé à baisser. Le jeune algérien n’aime pas écrire et lire les livres. Il y a de rares librairies, tout semble devenir artificiel où le goût et le charme d’écrire ou de lire a disparu, mais cela ne se passe que chez-nous.
Pourtant à l’étranger, les librairies sont toujours pleines, les gens s’envoient des cartes postales et goûtent à la réalité des choses naturelles, vont au cinéma, aux conférences, au théâtre, visitent les monuments historiques. Dans tous les instituts, on programme les visites dans les lieux de la vie, tels que les fermes, les musées, les lieux historiques. Et ainsi, le 1er éditeur algérien d’Oran Bakhti Hadj Abdelkader, met fin à sa production des cartes postales alors qu’actuellement, l’environnement algérien a changé, les villes ont grandi, tout semble avoir changé. Alors, qui va faire les cartes postales, un monde sans souvenirs se prépare et ce n’est pas le portable et Internet qui pourront remplacer les photos cartes postales qui fixeront le présent et le futur pour l’éternité et nous souhaitons à Hadj Bakhti une bonne retraite avec en mémoire, « Mission accompli ».
Adda.B