mardi , 11 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Situation économique du pays</span>:<br><span style='color:red;'>Difficile, mais pas désespérée</span>

Situation économique du pays:
Difficile, mais pas désespérée

La complexité de la situation met le gouvernement devant une conjoncture plutôt difficile à démêler, même si en comparaison avec beaucoup d’autre pays, l’Algérie dispose d’une marge confortable qui lui évitera une coupe dans les transferts sociaux.

Le président de la République devait réunir hier l’exécutif pour plancher sur le document portant sur les mesures proposées par la commission présidée par le CNES concernant l’impact du Covid-19 sur l’économie nationale. A la veille de cette réunion du Conseil des ministres, le chiffre de la croissance a été rendu public par l’ONS. Il fait état d’une croissance négative de l’ordre de -3,9% au premier trimestre de l’année en cours. Il est entendu que cette donne pèsera lourdement sur les décisions qui seront prises lors de cette importante réunion. Mais pour difficile que soit la situation économique du pays, il y a tout de même un indice macroéconomique très important en faveur du gouvernement et plus largement de toute la société. Il s’agit du taux d’inflation moyen annuel qui a atteint 2,1% à fin juin dernier. Une véritable digue qui maintient le pouvoir d’achat à un niveau acceptable. Ce chiffre, très proche de celui des économies développées, l’Algérie le doit, en partie, aux subventions sur de nombreux produits de large consommation à l’image de la semoule, du lait, de l’électricité et autres. Il est néanmoins clairement établi que la méforme de l’économie, en ce premier trimestre pour des raisons prioritairement politiques, n’a pas tiré le niveau de vie vers le bas de la classe moyenne.
Cela est d’autant plus vrai que la variation mensuelle des prix à la consommation, qui est l’évolution de l’indice de prix du mois de juin 2020 par rapport à celui du mois de mai 2020, a connu une hausse de 0,2% seulement. Plus précis, l’ONS annonce que pour ce qui concerne la variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont affiché une baisse de 0,2 %, avec une baisse de 0,5% des prix des produits agricoles frais. On assiste même à une très légère hausse du pouvoir d’achat, concernant l’alimentation en général. Cela se confirme notamment à travers la forte baisse prix de légumes frais, de l’ordre de -11,4% et du poisson frais pour -2%. D’autres produits ont connu une hausse allant de 3 à plus de 8%. Il s’agit des viandes rouge et blanche, les œufs, les fruits frais et la pomme de terre.
En dehors de ces produits de large consommation, les autres marchandises acquises par les Algériens n’ont pas vu leur prix augmenter durant le mois de juin dernier. Les variations sont quasi nulles pour les produits manufacturés, notamment.
Ce constat d’un pouvoir d’achat inchangé traduit une stabilité du marché national et constitue un base solide sur laquelle le gouvernement peut lancer son plan de relance économique et social. Il reste, cependant, que l’effort financier que fournira le gouvernement, représenté par les 1000 milliards de dinars et les 10 milliards de dinars dédiés exclusivement au soutien à l’investissement productif, en sus des aménagements fiscaux et le lancement de la finance islamique, demeure intimement lié à l’évolution de la crise sanitaire. Les recettes pétrolières dont dépend toujours le trésor public et les Investissements étrangers directs sont fonction du reflux de la pandémie de la Covid-19. C’est dire toute la complexité d’une démarche qui met le gouvernement, devant une situation plutôt difficile à démêler, même si en comparaison avec beaucoup d’autre pays, l’Algérie dispose d’une marge confortable qui lui évitera une coupe dans les transferts sociaux.
Yahia Bourit