mardi , 11 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Disponibilité des liquidités dans le réseau postal</span>:<br><span style='color:red;'>Djerad prend le taureau par les cornes</span>

Disponibilité des liquidités dans le réseau postal:
Djerad prend le taureau par les cornes

La décision qui satisfera certainement les citoyens tient à «l’accélération du processus permettant aux banques et établissements financiers de verser leurs excédents de trésorerie dans les bureaux de postes». De l’argent liquide immédiatement disponible, c’est ce que demandent les Algériens.

La forte pression que subissent les bureaux de poste du pays à l’approche de l’Aid El Adha a provoqué une situation exceptionnelle en termes de disponibilité de liquidité. Cet état de fait qu’Algérie Poste a déjà connu par le passé est aggravé par le contexte sanitaire qui rend plus difficile encore la gestion de la foule et le respect des gestes barrières. Cette problématique a fait l’objet d’une réunion interministérielle, présidé par le Premier ministre, Abdelaziz Dejrad. Premier constat qui ressort de cette rencontre, tient dans le nombre de citoyens détenteurs de comptes CCP. Ils ne sont pas moins de 22 millions à disposer de comptes de chèques postaux actifs, c’est à dire sujets à mouvements financiers. Le communiqué des services du Premier ministre qui a révélé cette importante information, histoire certainement de souligner l’ampleur de la demande dans un laps de temps assez court, annonce un montant disons-le astronomique en termes de retraits mensuels. Ceux-là atteignent, en moyenne près de 400 milliards de DA par mois, soit plus de 3 milliards de dollars. Ce mouvement financier colossal, dont une partie ne revient pas dans le circuit et s’en va dans les matelas de l’économie informelle, connaît une accélération ces derniers jours. Et cela tombe pile avec une résurgence de la pandémie de la Covid-19, qui impose des contraintes supplémentaires, comme l’indisponibilité d’une bonne partie du personnel, libéré par les pouvoirs publics.
Lorsqu’on ajoute à ce tableau les règles de la distanciation physique, cela débouche naturellement sur la « formidable » tension, dont souffrent les bureaux de poste. Le communiqué du Premier ministère répond aux critiques de citoyens en affirmant que «la situation actuelle ne se pose pas en termes de disponibilité de liquidités, mais elle est plutôt la résultante d’une conjoncture tout à fait particulière liée aux impacts de la situation sanitaire qui a provoqué un ralentissement de l’économie avec ses conséquences sur la circulation et de recyclage des liquidités».
Le constat étant fait, la réunion interministérielle a conclu à un certain nombre de décisions, destinée à faire baisser la tension. Il y a d’abord «la nécessité d’étaler, pendant tout le mois calendaire, le versement des salaires, des retraites et des aides sociales de l’Etat et d’adapter les horaires de travail des bureaux de postes en fonction de la demande exprimée». Un travail qui exigera du temps. La deuxième recommandation traite de «l’élargissement de l’accès aux guichets automatiques des banques en mettant en œuvre rapidement l’interopérabilité des systèmes monétiques d’Algérie Poste et celui des banques». Une solution très pratique, mais du fait d’une mise à niveau, l’on ne saura pas quand cela sera possible. La décision qui satisfera certainement les citoyens tient à «l’accélération du processus permettant aux banques et établissements financiers de verser leurs excédents de trésorerie dans les bureaux de postes». De l’argent liquide immédiatement disponible, c’est ce que demandent les Algériens. Il y a également une requête à l’attention des acteurs de la société civile à «apporter leur assistance à l’organisation des files d’attentes à l’extérieur des bureaux de postes et faire respecter les règles de distanciation physique avec l’aide des services de sécurité qui sont constamment mobilisés pour la sécurité des citoyens, conclut la même source.»
Au plan local, les ministres ont convenu d’impliquer les walis dans la supervision et accompagnement des mouvements de fonds entre les agences excédentaires et les agences en déficit de liquidités.
Yahia Bourit