vendredi , 27 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Alors que le wali a reçu jeudi l’institutrice Sidia Merabet </span>:<br><span style='color:red;'>Djerad rejette l’humiliation de l’enseignant</span>

Alors que le wali a reçu jeudi l’institutrice Sidia Merabet :
Djerad rejette l’humiliation de l’enseignant

L’incident survenu mercredi à l’occasion du coup d’envoi donné par la personne du wali d’Oran n’est pas passé inaperçu. D’autant plus qu’il s’agit d’une institutrice qui a dénoncé les conditions difficiles de la scolarité des enfants. Le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, a vite fait de réagir en faisant état d’une déclaration qu’il a tweetée sur son compte et dans laquelle il a exprimé son «rejet de manière catégorique de l’humiliation de l’enseignant.

Adressant «ses remerciements» à l’institutrice Sidia Merabet qui a «dénoncé les anciennes pratiques», le premier ministre a pris l’engagement de «renouveler le vieux mobilier des écoles au niveau national». «Je refuse catégoriquement l’humiliation d’un enseignant, qui défend l’avenir de nos enfants», a fait savoir le Premier ministre. L’incident est désormais clos. L’enseignante, ayant soulevé, lors du coup d’envoi de la rentrée scolaire, les défaillances dont souffre l’établissement scolaire Dr Benzerjeb, a été reçue jeudi par le wali d’Oran, Messaoud Djari. Ces deux derniers, le wali et l’enseignante ont, selon l’institutrice, relevé chez le wali la volonté de ce dernier à prendre en charge tous les problèmes qu’elle a soulevés, loin des quiproquos. En exposant laconiquement les faits, Mme Sidia Merabet a, à l’issue de sa rencontre avec le wali fait état de la détermination des pouvoirs publics à régler la problématique liée aux meubles et les pupitres jugés dans un état de dégradation très avancée. Elle a affirmé que «l’école primaire où elle exerce ferait l’objet d’un intérêt particulier dans le cadre de la prise en charge des préoccupations de cet établissement, sachant, a-t-elle relevé que «le mobilier de l’école avait déjà été renouvelé dans la journée de jeudi».

La même institutrice est revenue sur l’expression qu’elle a utilisée en faisant part de ses préoccupations en s’adressant au wali, celle-ci a souligné, lors du coup d’envoi que «les pupitres des élèves remontaient à l’époque coloniale». L’enseignante indique «n’avoir guère eu une quelconque mauvaise intention», ajoutant que «c’était seulement une façon d’illustrer la vétusté du mobilier». Sur sa lancée, elle a tenu à remercier «ceux ayant fait preuve de solidarité». Il s’agit, selon la même source des professeurs, associations et parents d’élèves», souhaitant «voir l’école primaire et son personnel bénéficier de tout l’intérêt en faveur des élèves». L’incident de mercredi a, de par sa nature, vite fait le tour de toute la contrée. Les internautes, syndicalistes et autres associations ont en un laps de temps très court, réagi et pris le relai en soutenant l’institutrice lui affichant une solidarité pour avoir défendu les élèves et soulevé «un problème n’ayant jamais été abordé auparavant». Estimant que la «situation est catastrophique», elle est allée jusqu’à dire que «l’entretien des sanitaires de l’école a été assuré par un volontaire, un parent d’élève, ayant fait don de 25 000 dinars», avant d’évoquer la vétusté des tables des écoliers, celles-ci remontent, selon l’institutrice, à l’époque «coloniale».
Une telle phrase n’a pas été du goût du wali qui a quitté la classe alors que l’institutrice n’avait pas fini d’expliquer le fond de sa pensée. En agissant de la sorte, les internautes ont estimé que « le wali a humilié l’enseignante en lui tournant le dos». Du coup, la toile s’est embrasée. Des professeurs et des syndicalistes de l’Education ont affiché leur entière solidarité à leur consœur et salué son courage. Depuis mercredi, les utilisateurs des réseaux sociaux n’ont pas cessé de diffuser une vidéo montrant l’enseignante interpellant le wali d’Oran, ce dernier supervisant le coup d’envoi de la rentrée scolaire dans cette wilaya. Pendant que l’institutrice faisait l’état des lieux tout en soulignant que les pupitres remontaient à la période coloniale, le wali a tout simplement quitté la salle. Ce fait, durant toute la semaine, a alimenté les débats locaux et l’ire des internautes plongés dans l’émoi et dans la désolation.