mardi , 14 juillet 2020

Embûches, pièges et luttes de clans

Un élu au conseil de la Nation et néanmoins ami du chroniqueur, nous a reproché de ne parler d’Oran que pour «décrire les tares et les insuffisances de gestion sans jamais mettre en relief les avancées et les grands résultats enregistrés en matière de développement et de progrès». Sans entrer dans ce débat classique sur la nature de l’information à servir au grand public, on peut en effet reconnaître que la tendance de l’écrit journalistique reste généralement axée «sur les trains qui arrivent en retard» plutôt que «sur ceux qui arrivent à l’heure». Il est vrai aussi que l’honnêteté intellectuelle veut que l’on s’intéresse aussi aux succès et aux efforts accomplis pour atteindre des objectifs ou régler des dossiers importants pour l’avenir social et économique d’une ville ou d’un pays. Il se trouve que sur ce registre, on peut faire rapidement le tour de la question en évoquant tout ce qui a été entrepris et réalisé pour répondre aux besoins et aux attentes des citoyens. A Oran notamment, une ville qui a été cruellement marginalisée et pénalisée par de grands déficits en infrastructures dans tous les domaines, personne ne peut décemment dénigrer ou nier la formidable flambée des investissements menés depuis le début des années 2 000. Faut-il par exemple rappeler que les oranais habitués à l’eau saumâtre, ont désormais de l’eau douce dans les robinets et ne vivent plus le calvaire de la pénurie et du stockage de réserves d’eau dans les jerricans et les baignoires ? Ou encore tous ces équipements publics, hôpitaux, écoles, lycées, infrastructures routières, complexes hôteliers, tramway, et autres projets enfin réalisés permettant à la ville de mieux respirer ? La plupart des journaux de la presse locale, notamment Ouest Tribune qui organise périodiquement un forum de participation citoyenne au débat sur les sujets d’actualité, ne réduisent pas leur devoir d’informer au déni des efforts, des initiatives et des résultats enregistrés. Mais ce devoir d’informer ne doit surtout pas faire l’impasse sur l’analyse critique des situations et des trajets parcourus par la politique de gestion des affaires collectives de la Cité. Expliquer les retards et les carences marquant un projet, parler du manque de cohérence et de maturation d’une opération d’aménagement urbain, ou dénoncer les fléaux divers tels que le laxisme, l’incompétence, les passe-droits ou la corruption, ne signifie nullement vouloir «salir ou dénigrer» tous les responsables en charge des différents secteurs d’activité. C’est permettre , bien au contraire, de mieux cerner le contexte et les difficultés qui pèsent sur un terrain d’action local particulièrement chargé d’embûches, de pièges et de luttes de clans ne visant qu’à préserver de voraces intérêts…

Par S.Benali