mercredi , 5 août 2020

En attente de changement dans les comportements et les mentalités

Parmi les nouvelles mesures prises pour lutter contre le Covid-19, figurent l’interdiction des déplacements par route entre 29 wilayas dont Oran, l’interdiction du transport urbain public et privé durant les week-ends, l’implication des comités de quartiers et des associations dans les initiatives des walis pour l’encadrement et la sensibilisation des citoyens au respect des gestes barrières, l’octroi aux collectivités locales des prérogatives de réquisition des moyens pour optimiser les capacités de dépistage et d’interventions médicales, la désinfection des rues et des marchés plusieurs fois par jour, ainsi que la réquisition des médecins des entreprises et sociétés «en arrêt d’activité en contrepartie d’incitations financières». A Oran, comme sans doute ailleurs dans les grandes villes, ces mesures de «réajustement» des procédures de lutte contre l’épidémie ont été certes, généralement bien accueillies, mais ont soulevé toutefois une vague de critiques et de polémiques reprises sur les réseaux sociaux. Des interrogations parfois pertinentes et légitimes qui reflètent la réalité d’un terrain local gangréné par l’inconscience et le laxisme ouvertement affiché par un grand nombre de citoyens à travers les communes et les quartiers de la grande ville. La semaine dernière, au mépris de l’interdiction d’ouverture notifiée par les autorités dès le début du confinement sanitaire partiel, le gérant d’un établissement de restauration, situé à Trouville sur la corniche oranaise, accueillait des clients attablés autour de la piscine, pour fêter, dit-on, un anniversaire. On peut légitimement se demander comment ce genre de piétinement des règles dictées par les pouvoirs publics peut avoir lieu sans une certaine forme de laxisme, voire de complicité tacite, encourageante pour le propriétaire de cet établissement. Dans certains quartiers, comme aux HLM/USTO, les étals de marchands de légumes illicitement alignés le long de la rue longeant la mosquée, ne cessent d’accueillir une foule de clients, sans masques de protection et sans distanciation, dans une anarchie indescriptible. Fatalement, beaucoup se demandent bien comment les dernières mesures annoncées vont influer efficacement sur l’évolution alarmante de l’épidémie… En réalité, la crise sanitaire en cours ne pouvait être gérée en dehors des contraintes, des lacunes et des incohérences de tout un système global en attente de profonds changements dans les pratiques, les comportements et les mentalités.
Par S.Benali