mardi , 20 octobre 2020

Erreurs, inepties et… dérives en tous genres

Parmi les nombreux projets, dits structurants, annoncés il y a moins d’une dizaine d’années au plan de restructuration et de modernisation urbaine de la ville d’Oran, figurait en bonne place la réalisation d’une gare «multimodale». Un projet aujourd’hui oublié, abandonné en raison de la conjoncture économique difficile imposant la rationalisation des dépenses publiques. On se souvient pourtant que lors d’une visite de travail à Oran, le 11 Avril 2013, l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal a clairement donné son aval au lancement de ce projet de gare multimodale ainsi qu’à d’autres opérations proposées dans le fameux «plan de modernisation» suggéré par un ancien wali. Cet accord officiel du Premier ministre sur le contenu des opérations et sur leur financement, a été alors célébré comme un succès, un triomphe, inscrit à l’actif du premier responsable local de l’époque. On se souvient que cette tournée du chef du gouvernement à travers la wilaya a été «riche» en présentation de maquettes et en exposés sur les différentes grandes actions et opérations devant être à l’époque inscrites au chapitre du développement. Il s’agissait entre autres du projet de protection des eaux pluviales du pôle économique de Bethioua, du complexe d’aciérie de production de rond à béton à partir de déchets ferreux, du projet d’extension du tramway vers Bir El Djir à l’est et vers l’aéroport international , le projet de réalisation et équipement d’un terminal international de l’aéroport d’Oran/Es-senia, l’étude préliminaire d’une première ligne du métro devant s’étendre sur 19,3 km et comportant 19 stations et devant relier la sortie Est d’Oran à la zone sud-ouest aux alentours du stade Bouakeul, en passant par le centre-ville, et également le projet de réalisation d’une gare dite «multimodale», devant être implantée à Sidi Maarouf, et qui serait un grand pôle de «connexion de tous les modes de transport existants sur le tissu urbain» avec parkings, restaurants, cafétéria, et autres commodités… Aujourd’hui, plus de six ans plus tard, on se rend compte que seuls deux projets lancés en partenariat avec des firmes étrangères, Tosyali et Renault, ont pu voir le jour. Et pour les observateurs avertis, qui à l’époque osaient avancer des interrogations sur l’utilité, l’opportunité, et le véritable impact économique et social de certain projets, ces annulations, reports, ou abandons de certains projets, tel celui de la gare multimodale, ne sont que le résultat d’un manque de vision et de déficit de réflexion en matière de stratégie de développement local à court et à long terme, ouvrant la porte aux erreurs, aux inepties et aux… dérives en tous genres.
Par S.Benali