samedi , 4 juillet 2020

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Evitons le piège du populisme stérile

Les Algériens ont tranché, le 12 décembre dernier, sur la manière d’aborder la politique dans le pays. Ils ont opté pour un retour à la légalité constitutionnelle. Mais cela ne veut pas dire que la présidentielle est un aboutissement. Le président de la République a bien saisi le message des Algériens et considère que son mandat sera celui de la mise en place des fondements de la nouvelle République. La Constitution en est l’un des plus importants, mais là aussi, ce n’est pas un aboutissement à proprement parler. Abdelmadjid Tebboune qui ne veut visiblement pas tomber dans la facilité d’un populisme, aussi dangereux qu’un autoritarisme brutal, entend construire doucement, mais sûrement les bases d’une démarche véritablement consensuelle. L’on sent parfaitement le souci et la démarche du chef de l’Etat. On en veut pour preuve les consultations qu’il a engagées au lendemain de son investiture.
Le Président qui semble déterminé à ne pas « banaliser » l’acte du dialogue national a approché des personnalités qui avaient toutes formulé des propositions de sorties de crise au plus fort de la tension qui a caractérisé la scène politique, durant les 10 derniers mois. En ouvrant les portes du Palais d’El Mouradia à Ahmed Benbitour, Mouloud Hamrouche et Taleb Ibrahimi, le chef de l’Etat envoie un message clair aux Algériens. Il leur dit tout simplement que la présidentielle du 12 décembre dernier n’est qu’une étape dans le processus de redressement de l’Etat et de la fondation de la nouvelle République. Il leur affirme également sa disponibilité à converser avec tous ceux qui avaient une solution différente de celle qu’il a lui-même choisie en se portant candidat à la magistrature suprême. Bref, le président de la République dit aux Algériens que tout est encore possible, pour peu que l’intérêt suprême de la Nation soit effectivement sauvegardé.
Autant dire que Abdelmadjid Tebboune a choisi la meilleure voie possible, compte tenu des circonstances. On voit, en effet, mal les Algériens entrer en rangs dispersés ou à coup de formules populistes dans l’ère de la nouvelle République. En associant des personnalités reconnues de tous et qui ont réfléchi au présent à l’avenir du pays, le Président entend donner toutes ses chances à une Algérie qui aspire légitimement à un futur prospère, dans une démocratie véritable, pas une pâle copie de ce qui se fait ces dernières années dans certaines républiques de pacotilles.
Par Nabil.G