mercredi , 25 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Importations de véhicules de moins de trois ans</span>:<br><span style='color:red;'>Ferhat Aït Ali: La mesure a été «gelée»</span>

Importations de véhicules de moins de trois ans:
Ferhat Aït Ali: La mesure a été «gelée»

L’importation des voitures de moins de trois ans, introduite par la loi de finances de 2020, a été « gelée », a annoncé samedi à Alger le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali. « L’importation des voitures de moins de trois ans a été gelée (…) nous ne voulons pas importer de la ferraille (…) et nous ne voulons pas encourager le marché informel de la devise», a-t-il déclaré à la presse, en marge de la Conférence nationale des startups, ouverte samedi à Alger.

Le ministre a d’abord fait remarquer qu’une voiture de moins de trois ans achetée d’Europe « aura roulé 20.000 km au maximum » ce qui rend ces véhicules excessivement chers pour le consommateur algérien à revenu moyen. «Maintenant, si on compte acheter des véhicules de moins de dix ans à la place de ceux de moins de trois ans, comme ça été fait dans le passé, la ferraille ne nous interesse pas», a-t-il soutenu. Ensuite, soutient le ministre, « lorsque cette mesure a été introduite dans la loi de finances de 2020, il n’y avait pas la possibilité d’importer des véhicules neufs ». Enfin, l’autre motif qui a poussé le Gouvernement à renoncer à l’importation des véhicules d’occasion est le risque d’encourager le recours au marché informel de la devise. « Pour se payer des voitures d’occasion, les gens iront au marché “informel, alors que l”Etat ne peut en aucun cas encourager ce marché », a-t-il encore argué.

Demande d’agrément de construction et de concession automobile: Plus de 100 opérateurs ont déposé leurs dossiers
L’importation de véhicules et la réalisation d’usines de construction en Algérie a suscité l’engouement de plus d’une centaine d’opérateurs du secteur, sommés désormais d’appliquer les dispositions du nouveau cahier des charges régissant cette activité.
Ces opérateurs algériens et étrangers ont effectué une demande sur la plateforme numérique du ministère de l’Industrie pour obtenir un agrément afin d’entamer l’activité de concession automobile ou pour réaliser des usines de production en Algérie et non pas de montage comme ce fut le cas par le passé.
Selon les chiffres fournis, hier, par le ministre de l’industrie, Ferhat ait Ali Braham, la grande partie des opérateurs ayant déposé leurs demandes pour obtenir les agréments est intéressée par l’activité de concession automobile.
Lors d’une déclaration à la presse en marge des travaux de la conférence nationale des startups, organisée au Centre international des conférences (CIC) d’Alger, le ministre de l’industrie a indiqué que «plus de 100 opérateurs nationaux ont déposé leurs dossiers pour obtenir l’agrément de concessionnaires automobiles ou pour réaliser des projets de construction de véhicules en Algérie».
Pour ce qui est de la répartition des demandes d’obtention d’agrément, selon les chiffres en possession du département de Ferhat ait Ali Braham, 80% des opérateurs souhaitent se lancer dans l’activité de concession automobile, alors que les 20% restants, composés d’Algériens et d’étrangers, ont opté pour la construction automobile.
«Plus de 80% de ce nombre sont des opérateurs nationaux inscrits sur la plateforme numérique mise en place par le ministère de l’Industrie pour la sélection des futurs concessionnaires qui seront autorisés à effectuer des opérations d’importation des véhicules neufs en Algérie selon les exigences fixées dans le nouveau cahier des charges», a fait savoir le ministre à la même occasion.
S’agissant des autres demandeurs d’agrément, ils représentent, selon M. Ait Ali Braham, un taux de 20% des inscrits, constitués «d’opérateurs nationaux et étrangers qui ont déposé leurs dossiers pour des projets de construction automobile, dont 5 entreprises intéressées par l’activité de construction de véhicules de tourisme».
Le ministre de l’Industrie a ensuite expliqué les modalités et la durée réservée au traitement des dossiers déposés par les opérateurs qui peuvent même introduire des recours en cas de refus. Les dossiers déposés «seront soumis à l’examen pour une durée de 30 jours ; en cas de refus, les opérateurs concernés auront un délai de 30 jours pour formuler un recours», a expliqué M. Ait Ali Braham.
Dans ce cadre, le ministre a mis en exergue la volonté des Autorités d’aller vers une véritable industrie automobile en Algérie, tout en expliquant les raisons du maintien de l’importation des véhicules. Il a indiqué que l’objectif du gouvernement est d’encourager les projets de construction automobiles intégrés.

S’agissant de l’activité de concession automobile qui se base en premier lieu sur l’importation, M. Ait Ali Braham explique que «l’activité d’importation sera régulée de manière à alimenter le marché national et d’éviter d’éventuels dysfonctionnements, notamment la déperdition de devises».
Concernant les sources de financement, le membre du gouvernement a expliqué que «l’activité d’importation de véhicules s’effectuera sur la base des fonds propres du concessionnaire de la marque». M. Ait Ali Braham a enfin évoqué la possibilité du recours à la «fixation de quotas pour certains modèles de véhicules dont le coût est excessif».
Il convient de rappeler enfin que le ministre avait indiqué à la mi-août de l’année en cours que deux grands constructeurs d’Asie et d’Europe ont exprimé leur intérêt à investir dans la construction automobile en Algérie.
Sans donner le nom des constructeurs en question, le ministre avait indiqué aussi que le nouveau cahier des charges exige des investisseurs un taux d’intégration minimum de 30 % comme première étape.
Samir Hamiche / APS