jeudi , 22 octobre 2020

Frictions et conflits pour le contrôle des commandes

La petite rue Torki Kaddour (ex-rue Dijon), une ruelle longeant la façade latérale du marché Michelet, a toujours été connue pour l’amoncellement des déchets déposés anarchiquement par les marchands de fruits et légumes à chaque fin de journée d’activité du marché. Un véritable dépôt, très mal organisé, juste à côté de l’une des deux grandes portes d’entrée latérales du marché qui reste opérationnelle. Car, l’autre porte latérale, donnant sur la rue Khémisti a été fermée et condamnée depuis plus de trente ans. Ce qui donne d’ailleurs un bien curieux, et ridicule, décor à la façade encore marquée par ce grand escalier sans issue, servant parfois de «toilettes urbaines» ou de point de repos à des SDF. Ce «point noir», qui défigure depuis plus de trois décennies cet édifice architectural du centre-ville, n’a jamais dérangé grand monde, ni parmi les défenseurs du patrimoine, ni parmi les nombreux responsables successifs en charge de la maintenance de la ville d’Oran. Après la délocalisation des fleuristes installés dans de nouveaux kiosques à la Place Hoche, on pensait que «l’intelligence créative» allait redonner du goût à cette zone du centre-ville connue sous l’appellation de «quartier Michelet». Mais malgré les efforts et les initiatives de quelques très rares Maires avisés aux commandes de la municipalité, rien de bien marquant n’a été enregistré permettant une quelconque avancée vers le progrès urbain et la modernité. Du côté de la rue Khémisti, où l’ancienne station de taxi jadis très fréquentée, a été éliminée, la grisaille des trottoirs bosselés et la ruralisation apparente ne cessent de gagner du terrain, à l’image de ce vieux panneau de signalisation, devenu une carcasse rouillée, qui reste là, depuis des années, implanté sur le trottoir; à l’angle du carrefour. Mais curieusement, au lieu de signaler et de lutter contre tous ces points noirs qui défigurent l’image de la ville et du cadre urbain depuis des décennies, certaines sphères locales ne s’attardent aujourd’hui qu’à dénoncer des «amoncellements de déchets ménagers» non ramassés depuis quelques jours pour des raisons qui mériteraient bien d’être élucidées. Car, au delà du manque de moyens humains et matériels, des insuffisances du système de gestion et de ramassage des déchets, ou de l’incivisme souvent évoqué, c’est également le résultat des frictions et des conflits internes pour le contrôle des commandes qui conduit parfois à des situations «d’abandon de missions», et de contestations, pour des raisons et des intérêts divers…

S.Benali