lundi , 28 septembre 2020

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GMO, acte II

Si on devait consulter la carte géographique de notre monde et voir les zones les plus chaudes, il ne fait aucun doute que notre région arabo-sahélienne sera bien rouge et viendrait en première position. Au Maghreb comme au Mashrek et tout au long de la bande sahélienne la liste macabre des morts et des drames se poursuit de la manière la plus violente et la plus tragique qui soit.
Des milliers de personnes perdent la vie dans un grand fracas de bruit de bombes et de balles chaque jour que Dieu fait. La menace terroriste et les calculs géopolitiques ont fait de cette région un gigantesque terrain de violence jamais vu dans aucun endroit du monde auparavant, y compris dans l’Amérique Latine des années 70.
Au Mali, au Niger, au Tchad et au Burkina Faso, Al Qaida, Daech et Boko Harem dictent leur loi sur de grands espaces, en tuant et en pillant à grande échelle sans connaître aucun affaiblissement, allant jusqu’à menacer l’existence de certains Etats. Au nord à commencer par la Libye en passant par l’Irak, la Syrie jusqu’à arriver au Yémen la situation n’est pas plus reluisante, car ici en plus de la présence des groupes terroristes, il faut ajouter cette guerre sourde entre les puissances régionales et internationales qui font peser un climat de guerre générale qui menace de tout embraser à tout moment.
Et si en Irak et en Syrie les tensions irano-américaines font craindre le pire, tout proche de nous en Libye, le même scénario est en train d’être monté par pratiquement les mêmes puissances qui sont en tête d’affiche au Moyen Orient. Les Turcs en premiers, mais ne sont pas loin aussi les Américains, les Russes, les pays du Golfe et la France. Tout ce beau monde veut avoir sa part dans cette Libye en plein chaos et qui veut tout régler par les armes.
A nos portes se préparent donc un autre champ de guerre avec les mêmes acteurs passés maîtres dans la déstabilisation des pays et qui ne se gêneront pas de rééditer le même processus engagé au Mashrek depuis 2003 et l’invasion de l’Irak.
Fatalement les pays voisins à la Libye ressentiront, et douloureusement, les répercussions de cette guerre en gestation qui débordera au delà des frontières libyennes. Des pays comme l’Algérie et la Tunisie et même le Maroc ne sont pas à l’abri des conséquences de cette guerre où plusieurs armées seront engagées pour créer un deuxième foyer de déstabilisation au Maghreb. Exactement le même scénario déjà vécu au Moyen Orient.
Par Abdelmadjid Blidi