mardi , 20 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>L’UNION NATIONALE DES ORGANISATIONS D’AVOCATS L’A DÉCIDÉ HIER</span>:<br><span style='color:red;'>Grève nationale de trois jours à compter du 30 septembre</span>

L’UNION NATIONALE DES ORGANISATIONS D’AVOCATS L’A DÉCIDÉ HIER:
Grève nationale de trois jours à compter du 30 septembre

L’objet de ce mouvement d’humeur de la profession est on ne peut plus clair et met la barre de la mésentente à un autre niveau qu’un simple malentendu entre un avocat et un magistrat.

Les avocats ont annoncé leur intention de débrayer à l’échelle nationale du 30 septembre au 1er octobre prochain. Cette action de grève d’envergure vient confirmer la solidarité des robes noires avec leur collègue, Me Sellini, qui a été mis en cause dans une altercation verbale avec le juge lors du procès de l’homme d’affaires, Mourad Oulmi. Dans un communiqué rendu public, hier, le bureau de l’Union nationale des Organisations d’avocats (UNOA) a souligné la détermination des avocats du pays à procéder au «gel de toute activité judiciaire au niveau national du 30 septembre au 01 octobre prochain».
L’UNOA justifie la grève par la volonté des robes noires de protester «contre les atteintes aux droits à la défense et en solidarité avec l’organisation des avocats d’Alger». L’objet de ce mouvement d’humeur de la profession est on ne peut plus clair et met la barre de la mésentente à un autre niveau qu’un simple malentendu entre un avocat et un magistrat.
L’ampleur de la manifestation amène à s’attendre à une mobilisation plus accrue des membres de l’UNOA qui, en plus de la solidarité exprimée à l’adresse des collègues d’Alger, disent regretter de n’avoir pas été associé aux «amendements apportés par ordonnance aux code de procédures pénales et à d’autres lois.» Le bureau de l’UNOA dénonce le «comportement» du président de la chambre pénale de la Cour d’Alger, le 24 septembre dernier, «à l’égard du collectif de la défense et notamment le doyen Me Sellini qui a eu un malaise en pleine audience et demandé en vain que l’audience soit reportée ».
Le même communiqué qualifie l’attitude du magistrat de «dérive grave», et demande par conséquent au ministère de la Justice «de faire appliquer l’article 25 de la loi régissant la profession d’avocat en soumettant cette affaire devant la commission nationale de recours.» En outre, l’UNOA a tenu à souligner le caractère «sacré» du droit de la défense. Lequel ne peut en aucun cas faire l’objet d’une restriction «quelque soit le contexte et même si l’accusé à commis des crimes abjectes, il garde son droit à un procès équitable conformément aux conventions internationales que l’Algérie a signé». Le communiqué ne manque pas de critiquer «la généralisation des procès par visioconférence», destiné initialement à être une exception et non pas la règle.
«L’accusé a le droit de se présenter devant la justice et plaider sa cause», rapporte la même source. Et d’enfoncer le clou en affirmant que le jugement par visioconférence créé des «simulacres de procès expéditifs qui enfreignent les critères des procès justes et les droits de la défense», conclut le communiqué.
Anissa Mesdouf