lundi , 17 mai 2021

Habitat précaire et course au relogement

Selon des sources proches de la commune d’Es-Sénia, citées par un journal local, une opération de «mise à jour du recensement» des familles a été lancée au niveau des sites d’habitat précaire concernés par un prochain relogement des occupants à Sidi Chahmi et Es-Sénia. Les services concernés précisent qu’il s’agit de mettre un terme aux «opportunistes qui s’installent dans les bidonvilles en dernière minute pour bénéficier d’un logement». On sait en effet que le relogement des habitants de bidonvilles devant être démolis ne concerne, en principe, que les familles occupant les lieux depuis des années et qui ont été recensées avant la date butoir fixée par les pouvoirs publics. Malheureusement, ces opérations dites de mise à jour des listes de résidents des bidonvilles, menées par les nouvelles commissions mises en place récemment, risquent fort d’être contestées et remises en cause par bon nombre d’occupants de baraquements venus squatter un site concerné par un relogement. On se souvient, il y a déjà une quinzaine d’années, de cette annonce des autorités centrales et locales fixant à la fin du mois de décembre 2007 la date limite permettant l’inscription d’une famille occupant un habitat précaire sur les listes de recensement des futurs bénéficiaires d’un relogement. A l’époque, les quelques rares bidonvilles démolis étaient presque aussitôt reconstruits et occupés par de nouvelles familles venues de tous les coins de la wilaya et du pays. Et les bâtisses en ruine, très rarement démolies après évacuation et relogement des occupants, étaient elles aussi systématiquement squattées par des candidats au logement neuf. Une course effrénée à l’acquisition d’un toit décent, et qui profite aussi, hélas, à des tricheurs-arnaqueurs sans scrupules profitant des failles et des lacunes d’un système de contrôle et de suivi des mouvements de population dans le temps et dans l’espace. Sans parler du laxisme et de la complicité de quelques énergumènes installés dans les rouages de l’administration locale. A l’image du bidonville de l’ex-résidence universitaire la «CUMO», un site qui, en vingt ans a déjà connu deux opérations de relogements des occupants sans pour autant être démoli, la distribution de logements aux nouveaux squatteurs ne cesse de creuser les déficits et de pénaliser les milliers de familles oranaises dans le besoin, en attente d’un toit décent parfois depuis trente ans…
Par S.Benali