mercredi , 12 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>35e vendredi de mobilisation pacifique </span>:<br><span style='color:red;'>Impressionnant déferlement humain dans plusieurs Wilayas</span>
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35e vendredi de mobilisation pacifique :
Impressionnant déferlement humain dans plusieurs Wilayas

Pour le 35e vendredi de suite, les Algériens et les Algériennes, par milliers, sont de nouveau sortis, hier, dans la rue pour maintenir la pression et réitérer leurs revendications.

Le décor du 1er vendredi, 22 février, n’a pas cessé de se renouveler au fil des semaines. Comme au premier jour de la mobilisation citoyenne et pacifique, le peuple continue de crier haut et fort une série de revendications d’ordre politique.
Les pronostics selon lesquels les Algériens sont apolitiques ont été démentis par les gigantesques défilés et cortèges qui continuent de faire l’actualité depuis maintenant sept mois.
Ainsi, le 35e vendredi de contestation consécutive a été marqué par l’organisation d’une nouvelle démonstration de force avec la mobilisation de milliers de citoyens dont des personnes âgées, ayant battu le pavé dans au moins une quinzaine de wilayas du pays.
À Alger, la police a déployé, avant midi, un impressionnant cordon sécuritaire dans différents coins du centre d’Alger. Des policiers en uniforme ont pris position dans les hauts lieux du Hirak, à savoir les quartiers dans lesquels des milliers de citoyens battent le pavé, chaque vendredi.
Après la fin de la grande prière de vendredi, des carrés de manifestants commencent à affluer vers la Grande Poste depuis les hauteurs du quartier Didouche Mourad.
À 14h20, ce dernier a été envahi par les manifestants et devient noir de monde à partir de 15h00. En effet, les manifestants ont scandé en chœur plusieurs slogans tels que «Dzair hourra dimocratiya » (Algérie libre et démocratique) «indépendance, indépendance » ou encore «dégagez dégagez».
Comme fut le cas ces dernières semaines, la revendication de la libération des détenus revient avec insistance à travers des pancartes et plusieurs slogans scandés à gorges déployées par les marcheurs.
À partir de 15h00, «des renforts» de manifestants sont arrivés à partir des quartiers Bab el Oued et la Casbah pour rejoindre les quartiers Didouche Mourad et les alentours de la Grande Poste.
La foule a réclamé le départ de tous les symboles de l’ancien système, exigeant des changements profonds. Par ailleurs, des portraits des icônes de la Révolution de 1954-1962 comme ceux du héros de la bataille d’Alger, et d’Amirouche et de Ben M’hidi ont été soulevés par des manifestants. Également, des drapeaux aux couleurs nationales, des tambours et des équipes bénévoles de soins ont constitué le décor du 35e vendredi de contestation.
Au cours de la journée d’hier, quelques manifestants ont pris sur leurs mains des banderoles et portraits à l’effigie des militants politiques emprisonnés comme le moudjahid Lakhdar Bouregaâ et Karim Tabou.
Les images, représentants les visages des détenus emprisonnés pour port de drapeaux berbères, ont également été présentes en force parmi les rangs des manifestants.
Pour ce qui est du dispositif sécuritaire, la police a investi plusieurs quartiers d’Alger centre et barricadé quelques accès tels que le tunnel des facultés, la Grande Poste et était fortement présente à la rue Asselah Hocine où se trouve, entre autres, les sièges de la wilaya d’Alger et de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Munis d’équipement anti-émeute, la police a également formé des colonnes horizontales pour encadrer l’afflux humain où des défilés de manifestants n’ont pas cessé de faire les va-et-viens dans le centre de la Capitale. Un hélicoptère survolant le ciel durant toute la journée d’hier, soutient les équipes au sol.
S’agissant de la mobilisation dans d’autres régions du pays, plusieurs chefs-lieux des wilayas ont connu la mobilisation comptant pour le 35e vendredi de suite. En effet, d’Oran, à Constantine, en passant par Mostaganem, Mascara, El Tarf, Tizi Ouzou Bouira, Bejaia et Jijel, la rue a connu un impressionnant déferlement humain. C’est à tue tête que les manifestants ont réclamé des changements profonds de système de gouvernance. En fin de journée, les manifestants se sont dispersés dans le calme, sans incidents.
Samir Hamiche