mercredi , 5 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Tizi-Ouzou</span>:<br><span style='color:red;'>La cerisaie menacée par les maladies cryptogamiques</span>

Tizi-Ouzou:
La cerisaie menacée par les maladies cryptogamiques

Le patrimoine arboricole fruitier de Tizi-Ouzou et notamment la cerisaie qui a fait la réputation de cette wilaya dans les années 1970, est sérieusement menacé par les maladies cryptogamiques qui prolifèrent depuis quatre années.

L’inspecteur phytosanitaire, Boukhalfa Kaci, de la direction locale des  services agricoles (DSA) a indiqué à l’APS que cette saison, et pour la  quatrième année consécutive, la production de cerises au niveau local, a  connu une baisse importante en raison des maladies causées par des  champignons parasites qui ont trouvé les conditions propices à leur  multiplication en raison du changement climatique caractérisé par une forte  humidité, d’importantes précipitations et des températures élevées au  printemps. La moniliose est “”l’une des maladies les plus foudroyantes’’ apparue ces  quatre dernières années à Tizi-Ouzou. Entre mi-mars et fin avril, période  de floraison des cerisiers, ce champignon prolifère en faveur de conditions  climatiques qui lui sont favorables, infestant les vergers. Il cause des  pertes énorme de production en détruisant les fleurs et les feuilles dont  il se nourrit.
«Nous avons un climat défavorable, voir fatal pour la  production de cerises’’, a-t-il déploré. Le subdivisionnaire agricole de Ain El Hammam, Cherif Ahmed Ali, a observé  que dans les quatre communes de cette Daira (Ain El Hammam, Akbil, Ait  Yahia et Abi Youcef) qui est l’une des plus importantes régions de culture  de la cerise de la wilaya, “”la moniliose est à l’origine d’une forte chute  de la production du fruit rouge’’. Selon lui, “”la production a baissé  sensiblement en passant de 65 à 80 qx de fruits par hectare, à seulement 4  à 5 Qx/ha ces quatre dernières années’’. Cette situation est aggravée par le manque, voir l’absence, de  pollinisation des fleurs par les abeilles, seul insecte qui transporte le  pollen du cerisier, qui est un arbre auto stérile, a observé l’inspecteur  phytosanitaire. “”En temps de brume et de forte humidité l’abeille ne sort  pas pour butiner et si un tel climat perdure pendant 15 à 20 jours, les  fleurs des cerisiers ne sont plus fécondées», a-t-il expliqué.
Nécessité d’un programme de protection phytosanitaire
M. Kaci a observé que “”le cerisier est un arbre très sensible». Il  affirme que les changements climatiques ont sensiblement affecté cet arbre  qui est devenu vulnérable, puisque il fait déjà face aux maladies  cryptogamiques ainsi qu’au capnode, un insecte dont les larves attaquent le  système racinaire causant son dépérissement à long terme, en cas de  négligence. Avec l’apparition de ces champignons ravageurs, “”le cerisier doit  bénéficier de toutes les actions d’entretien nécessaires pour sa  protection, dont la fertilisation, l’irrigation, le binage. Additivement à  cela, il est important d’appliquer un programme de protection  phytosanitaire annuel pour cette culture et toutes les autres qui font face  aux mêmes maladies’’, a-t-il insisté. Ce programme phytosanitaire consistera à appliquer un traitement d’hiver  pour éliminer tous les résidus d’insectes, de bactéries et de champignons.
Il sera suivi au printemps (en période de végétation), d’un autre  traitement préventif à base d’huiles blanches ou jaunes et de bouille  bordelaise (un fongicide) afin de protéger les fleurs et les feuilles. Un  autre traitement curatif pourrait être appliqué, en cas d’apparition de  champignons, pendant la nouaison (formation du fruit), a conseillé M. Kaci. En plus de ce programme de protection, il a conseillé de procéder à  l’arrachage des souches d’arbres (véritables foyers de prolifération de  champignons) et au rajeunissement des vergers pour remplacer les sujets  âgés qui sont moins résistants aux maladies, a ajouté ce même responsable  qui a indiqué que la DSA a lancé un travail de sensibilisation, de  formation et d’information des agriculteurs sur ce problème.
De nouvelles variétés
pour une meilleure résistance aux maladies
Pour obtenir des arbres plus résistants aux maladies et plus productifs,  la DSA de Tizi- Ouzou a acquis auprès de l’Institut technique de  l’arboriculture fruitière et de la vigne (ITAFV) de Tassala El Mardja, 600  greffons homologués de 17 nouvelles variétés, dont certaines sont locales  (cultivées dans d’autres wilayas) et d’autres importées de pays du bassin  méditerranéen notamment l’Italie et l’Espagne. Il s’agit, entre autres, de  la variété Stella, Noire de Meched, Régina, Tixraine, S H Géant et  Sumburste. Remises en mars derniers aux différentes subdivisons, ces boutures  greffées sur des merisiers dans des régions de cultures de la cerise, dont  Ain El Hammam, Iferhounene, Larbaa n’Ath Irathen, Bouzguène, Beni Douala,  Ouadhias, et Ath Yenni, «ont toutes pris et se développent bien’’, a  indiqué M. Kaci. “”nous allons ainsi enrichir les périodes de production de  ce fruit rouge, et améliorer la qualité de notre produit avec des fruits à  cher ferme et un meilleur taux de sucre’’, a-t-il dit.
Le but recherché par cette démarche est d’obtenir des arbres résistants  aux maladies et au capnode, d’échelonner la production par la mise en place  de variétés précoces et tardives, et permettre aux agriculteurs de  sélectionner des variétés selon leur résistance et productivité, a-t-il  souligné en précisant que l’échelonnage de la production permettra en cas  de maladies cryptogamiques de sauver une des trois périodes de la  production (précoce, de saison ou tardive).