samedi , 24 juillet 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Prétendu «droit du peuple kabyle à l’autodétermination»</span>:<br><span style='color:red;'>La classe politique dénonce avec force la dérive de la diplomatie marocaine</span>

Prétendu «droit du peuple kabyle à l’autodétermination»:
La classe politique dénonce avec force la dérive de la diplomatie marocaine

L’Algérie a réagi fermement à la sortie irresponsable et hostile de l’ambassadeur marocain qui soutenait à l’ONU un prétendu «droit à l’autodétermination du peuple kabyle».

Au lendemain de la dénonciation par le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, cette manoeuvre des plus abjectes a fait réagir les acteurs de la classe politique et les personnalités nationales qui ont qualifié la démarche de la diplomatie marocaine d’immorale et d’acte d’agression contre l’Algérie.
Ainsi, le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, a dans un communiqué dénoncé la politique haineuse d’obstruction du Maroc, hostile à l’Algérie, qualifiant la dérive de la représentation marocaine à New-York de subversive, irresponsable, immorale et provocatrice, assurant que le peuple algérien restera, mobilisé, déterminé et agira dans l’union et l’unité pour faire face à toutes les manœuvres rétrogrades. Il a affirmé que la sortie de l’ambassadeur du Maroc est une échappatoire malhonnête de la diplomatie marocaine à vouloir responsabiliser l’Algérie et se servir d’elle comme exécutoire en lui faisant endosser le blocage et l’obstruction du dossier du Sahara Occidental. M. Lamari a indiqué que les masques provocateurs de la diplomatie marocaine sont encore une fois tombés. «La lecture simpliste et ridicule de ses diplomates leur aveuglement, leur acharnement, leur inanité à vouloir détourner l’attention et fuir la légalité internationale, a amené le royaume du Maroc à persister dans sa politique arrogante coloniale, sa stratégie de confrontation en accueillant, encourageant, accordant ouvertement soutien multiforme à toutes les actions subversives et déstabilisatrices de l’Algérie, de son intégrité territoriale, son unité nationale, sa stabilité et sa sécurité», a-t-il déploré.
M. Lamari a tenu à «rappeler avec force à Rabat et à son makhzen que le peuple algérien fier de sa révolution de Novembre 1954, uni par le sang et sacrifices consentis par les un million et demi de Chouhada, restera debout, vigilant, mobilisé, déterminé et agira dans l’union et l’unité pour relever les défis et combattre et stopper toutes les démarches hostiles et les manœuvres rétrogrades, arrogantes et irresponsables visant à neutraliser l’Algérie, sa stabilité, son intégrité territoriale». Le militant a fait un rappel à «la diplomatie marocaine et ses valets, la période de la guerre des sables, l’attaque traîtresse et l’agression expansionniste du Maroc qui peu après l’indépendance de l’Algérie, engagea une guerre des sables et tente d’annexer de force Béchar», relevant que «la mobilisation et la réponse populaire était à la hauteur de la fidélité au serment fait aux glorieux Chouhada pour que vive l’Algérie indépendante libre digne, uni, solidaire et indivisible».
Pour M. Lamari, la réponse exemplaire, la riposte patriotique qui est toujours d’actualité est venue de tout le peuple algérien et particulièrement du colonel Mohand Ould Hadj chef historique de la wilaya 3 engagé avec ses troupes avec Aït Ahmed et qui décide de suspendre ses actions dans les montagnes de Kabylie et fait route vers Tindouf pour défendre l’intégrité de l’Algérie unie et indivisible. «Nul ne peut occulter cette partie de l’histoire, Mohand Ould Hadj ce valeureux Moudjahid, cette fierté nationale, chef historique de la wilaya 3, du Mont de Djurdjura, a su traduire dans un contexte difficile et complexe les aspirations profondes et légitimes du peuple algérien à la liberté, la dignité à l’unité nationale à l’union la solidarité la fraternité et la défense de l’intégrité territoriale», a insisté M. Lamari dans son texte.
Pour ce qui est de la classe politique, le Parti de la Liberté et la Justice (PLJ) est parmi les formations ayant réagi à la sortie de la diplomatie marocaine. Dans un communiqué sanctionnant une réunion de son Bureau national tenue vendredi après-midi, le PLJ a qualifié, hier, le document officiel distribué par la représentation marocaine aux pays membres du Mouvement des Non-Alignés, d»’agression et d’acte terroriste» contre l’Algérie. «La distribution par la représentation marocaine d’un document officiel aux pays membres du Mouvement des Non-Alignés sur un prétendu +droit du peuple kabyle à l’autodétermination+ serait un acte terroriste et une agression éhontée exercée par le régime du Makhzen sioniste haineux envers l’Algérie, par procuration au nom de ses seigneurs», dénonce le parti. Ce dernier a invité l’Etat algérien à «prendre des positions fermes envers ce régime cancérigène».
Par ailleurs, au cours de la journée d’hier c’est au tour du Mouvement El Bina de fait part de sa réaction. Le Mouvement qui s’est dit «profondément choqué, comme tout Algérien d’ailleurs, par la teneur du document officiel distribué par la représentation marocaine aux pays membres du Mouvement des Non-Alignés à New York», a qualifié cette «annonce grave de déclaration de guerre contre l’Algérie, Etat et peuple, et s’attend à une position ferme de la part des institutions de l’Etat habilitées à y riposter», précise un communiqué du Mouvement El Binaa. «Le peuple algérien demeurera uni et indivisible, homogène et fusionné, et toute manœuvre entamant à l’unité de la patrie ou du peuple, et toute tentative désespérée visant son démembrement serait un dépassement, voire une déclaration de guerre contre les Algériens, et requiert une riposte urgente par l’Etat et ses institutions souveraines», a écrit le parti. Pour ce faire, la situation exige de «se mettre aux côtés des institutions, loin de tous calculs politiques, différences ou controverses», a soutenu le Mouvement.
«Nous appelons nos frères marocains libres et honnêtes, opprimés par le régime du Makhzen, à prendre une position honorable et à dénoncer cette position officielle et irréfléchie», a ajouté la même source. «Le peuple sahraoui, privé de ses droits, est le titre de notre lutte pour lui permettre d’obtenir ses droits et d’exercer son droit à l’autodétermination, comme le stipulent les résolutions du Conseil de sécurité. La cause sahraouie se poursuit étant une question de décolonisation», a encore ajouté la source. Le Mouvement El Bina a invité toutes les forces politiques et les personnalités nationales à afficher leurs positions de manière explicite et de les joindre à la position de l’Etat, représenté par le président de la République, outre le soutien des institutions civiles, sécuritaires et militaires pour défendre la souveraineté nationale et préserver l’indépendance». Il a enfin appelé tous les Algériens à l’impératif de s’unir afin de protéger notre pays et l’avenir de nos générations car l’ennemi restera un ennemi et ne changera point.
De son côté, le RND a dénoncé, hier, dans un communiqué, la sortie de la diplomatie marocaine. «Cet acte dénote clairement le soutien actuel du Maroc à un groupe terroriste connu et met à nu le plan caché derrière la normalisation des relations avec l’entité sioniste, dont le but est d’ébranler la stabilité de l’Algérie et de consacrer officiellement l’engagement du Royaume du Maroc dans une campagne hostile à l’Algérie», ajoute le communiqué.
«L’amalgame fait entre une question de décolonisation reconnue par l’ONU et un complot ciblant l’unité de l’Algérie est en contradiction flagrante avec le droit international et l’acte constitutif de l’Union africaine (UA)», souligne le RND. Le RND a, dans ce sens, appelé le peuple marocain frère à «la vigilance et à la mobilisation contre le régime du Makhzen qui constitue une menace pour la stabilité de la région», en l’incitant à prendre conscience de la gravité des actes commis par son régime sur son avenir et celui de la région». «Le feu qu’il (le Maroc) tente d’attiser le brûlera en premier, la révolution du Rif sous la conduite de Abdelkrim el Khattabi n’est pas lointaine, d’autant que les facteurs ayant favorisé son déclenchement sont toujours réunis», a souligné le parti, ajoutant que «mettre les militants de la région du Rif derrière les barreaux et miser sur le sionisme international et le vieux colonialisme ne sera pas d’une grande utilité pour faire face aux enfants du Rif, victimes du régime royal vétuste».
Le FLN a également réagi, hier, dans un communiqué, condamnant la démarche de l’ambassadeur marocaine. «Le FLN condamne énergiquement le soutien apporté par l’ambassadeur marocain durant le débat général de la réunion ministérielle du Mouvement des Non-Alignés, tenu via visioconférence, au prétendu mouvement +MAK+, classé terroriste, en appelant à l’indépendance d’une région chère du territoire algérien». Le parti souligne que «les manœuvres honteuses et provocatrices du Makhzen s’inscrivent dans la continuité de ses actes hostiles, multiformes et de longue date envers l’Algérie». Le parti a souligné aussi que «l’annonce du soutien du régime marocain, vassal et collabo du sionisme, à un mouvement terroriste et à une prétendue indépendance d’une région très chère du territoire national est une agression contre l’Algérie, une et indivisible, dont la moindre parcelle de terre s’est abreuvée du sang des chouada». Affirmant que «le régime marocain, avec cet acte perfide, renforcera davantage l’attachement des Algériens à leur unité nationale», le FLN a rappelé que la région de la Kabylie «est indissociable de l’Algérie. Le régime du Makhzen se leurre en croyant que l’Algérie, fidèle à ses positions de principe puisées de sa référence novembriste et de sa glorieuse histoire, renoncera à son soutien constant au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». «La politique extérieure de l’Algérie est une affaire de principe sur lequel se base notre pays, notamment en ce qui concerne le soutien aux peuples opprimés sous le joug du colonialisme, à l’instar du peuple sahraoui qui lutte pour son indépendance», indique le FLN.
Le FLN a mis en avant l’éditorial du dernier numéro de la revue El Djeich : «notre armée aurait pu, par deux fois, intervenir au Maroc et soutenir le Général Oufkir qui a failli balayer la couronne du roi Hassan II, mais elle a mis un point d’honneur à ne pas se mêler des affaires des autres», et ça devrait s’appliquer sur nos voisins partout dans le Grand Maghreb. Force est de rappeler au régime marocain que l’Algérie «demeure unie et indivisible, que notre peuple glorieux a pu recouvrer sa souveraineté et son indépendance par la mobilisation de tous ses enfants, de Tébessa à Tlemcen et de Tamanrasset à Tizi Ouzou». Le parti souligne que «les prétentions séparatistes ne sont revendiquées que par une bande de collabos animés par des agendas coloniaux caduques et des parties qui éprouvent de la haine envers l’Algérie, peuple et terre». «Il n’est attendu de celui qui a vendu Al Qods et soutenu son colonisateur que la trahison et la fourberie, tout comme a été relevé dans la note officielle distribuée par l’ambassadeur marocain, et qui requiert d’ailleurs un large mouvement national urgent pour réprimer toute tentative visant à atteindre l’unité de l’Algérie et son intégrité territoriale», a indiqué le parti.
Samir Hamiche