samedi , 17 avril 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Accordant la notation «C» à l’Algérie </span>:<br><span style='color:red;'>La Coface souffle le chaud et le froid</span>

Accordant la notation «C» à l’Algérie :
La Coface souffle le chaud et le froid

Estimant le prix moyen du Brent de la mer du nord, pétrole de référence, à 75 dollars le baril en moyenne, la Coface note que «l’Etat devrait bénéficier de marges de manœuvre budgétaire supplémentaires». Cependant, l’assureur français nuance l’efficacité des nouveaux apports financiers relevant que ces derniers «seraient axés sur des mesures sociales.»

La Compagnie Française d’Assurance pour le Commerce Extérieur (Coface) a maintenu l’économie algérienne à la note «C» pour le risque pays pour l’année en cours. Cette notation signifie que ses perspectives économiques et financières sont très incertaines. Ce n’est pas ce qu’on pourrait qualifier de classement intéressant, d’autant que ce niveau est en baisse par rapport à l’année 2015 où le pays était au stade «A4». Le pays a perdu un rang l’année d’après, pour y rester jusqu’à 2019. Ce positionnement n’impacte pas vraiment la dynamique économique du pays, mais traduit néanmoins une frilosité de la compagnie d’assurance française, laquelle, faut-il le souligner, calque sa politique sur celle de lobbies financiers et économiques de l’Hexagone. De fait, la Coface considère que l’environnement des affaires en Algérie comporte d’importantes lacunes et la probabilité moyenne de défaut des entreprises est élevée.
Sur la croissance, l’assureur français place l’économie algérienne dans la case «modérée», tout en soulignant que «les recettes d’exportations d’hydrocarbures (…) se sont accrues, allégeant la pression sur les recettes budgétaires». Ceci a permis, selon les conclusions de la Coface, «à l’Etat de poursuivre sa politique de soutien à l’activité».
Evitant d’évoquer les actions allant dans le sens de la diversification de la production, avec notamment d’importants investissements dans l’acier, le phosphate et le ciment. Le document de la Coface demeure «scotché» sur le secteur énergétique, estimant que l’amendement de la loi sur les hydrocarbures qui devrait intervenir, l’été prochain, «devrait permettre au secteur de retrouver un nouveau souffle».
Estimant le prix moyen du Brent de la mer du nord, pétrole de référence, à 75 dollars le baril en moyenne, la Coface note que «l’Etat devrait bénéficier de marges de manœuvre budgétaire supplémentaires». Cependant, l’assureur français nuance l’efficacité des nouveaux apports financiers relevant que ces derniers «seraient axés sur des mesures sociales. Les transferts sociaux devraient, en effet, augmenter, ce qui soutiendrait la consommation des ménages, mais les dépenses d’investissements publics devraient marquer le pas», souligne le document, sans prendre en compte les actions initiées par le gouvernement pour réduire les importations, notamment.
Au contraire, il prévoit un ralentissement de l’économie hors hydrocarbures, notamment des secteurs fortement dépendants de la dépense publique et un climat des affaires «devraient continuer à pénaliser l’investissement privé». Une prévision qui tranche avec les intentions d’investissement formulées au quotidien en Algérie, dans de nombreux secteurs d’activité.
Sur le terrain de la politique budgétaire, le rapport a mis en évidence l’amélioration de la situation en raison d’une conjoncture pétrolière qui «a favorisé une légère diminution du déficit public en 2018, qui devrait se poursuivre en 2019». Le même rapport préconise une hausse des dépenses de fonctionnement et des transferts sociaux et note que «le recours à l’endettement extérieur reste pour le moment exclu par les pouvoirs publics», a-t-on affirmé, tout en constatant une nette contraction du déficit courant sans recours à l’endettement extérieur. Et la Coface d’estimer que les réserves de change «continuent de s’éroder, mais à un rythme moins rapide».
Une note positive dans le rapport a trait aux IDE qui devraient augmenter en 2019, «notamment grâce la nouvelle loi d’investissement dans le secteur pétrolier».
La Coface notera enfin que l’économie algérienne demeure solide grâce aux importantes réserves de pétrole et de gaz, au potentiel dans les domaines des énergies renouvelables et du tourisme et à la situation financière extérieure solide. Les points noirs demeurent sa forte dépendance aux hydrocarbures, le taux de chômage de ces jeunes qui reste «élevé», le poids «excessif» de son secteur public, les lourdeurs de sa bureaucratie, les faiblesses de son secteur financier et un environnement des affaires «problématique».
Nadera Belkacemi