mercredi , 23 septembre 2020

La collecte des prébendes et des privilèges indus

Au détour d’une réunion d’évaluation des travaux d’aménagement et d’embellissement urbain programmée à Oran, le Wali a invité les bureaux d’études, les architectes, les spécialistes du domaine et même les citoyens et les membres de la société civile à «émettre des avis et des propositions pour la création d’un espace destiné à abriter un parc d’attractions digne de la ville d’Oran». Ces propositions, précisent certains écrits de la presse locale, seront publiées sur le site officiel de la wilaya et serviront à «enrichir les études» et donc à assurer une meilleure maturation du projet. Pourquoi pas, pourrait-on dire, tant il est vrai que les idées et les suggestions sont toujours les bienvenues pour améliorer un projet en qualité et en fonctionnalité.
Mais il se trouve que la réalisation d’un grand parc d’attraction est une action évoquée déjà depuis longtemps et reprise dans un fameux document «Oran, métropole moderne» élaboré par un bureau d’études constantinois pour le compte d’un ancien wali devenu ensuite ministre de la Santé. A l’époque, cette «grande étude» de modernisation de la ville d’Oran, menée en vase clos par un bureau constantinois, n’avait soulevé aucune remarque ni contestation de la part des universitaires et spécialistes oranais, encore moins de la part des présumés membres de la société civile, figés dans la contemplation et l’éloge des tâtonnements. Ce projet de grand parc d’attraction et de divertissement a été ensuite annoncé en projet ficelé et devant être lancé du côté du futur pôle urbain prés de Misserghin. «Un projet unique en Afrique» titraient certains organes de presse peu versés dans l’analyse et l’objectivité de l’Information. A l’époque, il ne s’agissait en réalité que d’affecter une très grande assiette foncière à un opérateur privé se déclarant engagé à réaliser ce projet d’infrastructures récréatives inscrites abusivement dans les priorités du programme local de développement.
Comment dés lors expliquer aujourd’hui cet «élan de mobilisation citoyenne» suggéré par le premier responsable local et relayé par quelques médias. On sait que tous les derniers décideurs locaux successivement installés aux commandes de la wilaya d’Oran ont à chaque fois plaidé pour une meilleure implication des citoyens dans la gestion des affaires de leur cité et de leur quartier. L’ancien wali, Mouloud Chérifi avait même pris l’initiative de mettre en place un «comité» chargé du recensement des «points noirs» et de l’embellissement de la ville en prévision du déroulement des prochains jeux méditerranéens en 2021. Un «Comité» regroupant bon nombre de citoyens désignés parmi les élites universitaires et sociales, architectes, enseignants, artistes , journalistes et autres personnalités reconnues pour leur savoir-faire, leurs connaissances ou leur talent. Un «Comité» aujourd’hui oublié et ignoré de la majorité des citoyens oranais, confisqué et rangé aux tiroirs des bureaucrates omni-présents. Car c’était sans compter sur les intrusions incontournables de nombre d’acteurs-agitateurs, carriéristes du mouvement associatif, qui n’ont d’autres motivations et intérêts que la collecte des prébendes et des privilèges indus au détour de n’importe quelle nouvelle opportunité…
Par S.Benali