dimanche , 14 août 2022

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La Constitution et le peuple

Même si les premiers actes du nouveau président de la République seront scrutés et toutes ses déclarations commentées, il reste que le plus important demeurera dans le coup de starter de la révision constitutionnelle que Abdelmadjid Tebboune a promis pour les tous prochains mois au plus tard. Tout le monde est, en effet, en attente du communiqué de la présidence de la République qui annoncera l’installation d’une commission missionnée pour proposer un brouillon de Constitution. L’opinion nationale s’intéressera de très près à la composante de ladite commission et à sa feuille de mission. Ce ne sera pas une simple formalité, en ce sens que le chef de l’Etat est appelé à donner le change à la société et faire les choses dans la transparence la plus totale. Le processus qui a conduit le chef de l’Etat à insister sur l’éminence du processus de réforme de la loi fondamentale prend son origine d’une demande populaire de démocratisation du système de gouvernance. D’où l’urgence, mais aussi la transparence de la démarche elle-même, devant mener à terme à l’adoption par référendum de la nouvelle Constitution.
Sur cette énième révision de la Constitution, on retiendra des aspects autrement plus fondamentaux comparativement aux précédents amendements de la loi fondamentale. Il y a d’abord le cheminement et la nature même du dialogue. Il faut savoir en effet que les membres de la Commission devront rendre compte au président de la République, mais également à l’opinion nationale, à la classe partisane et la société civile dans son ensemble. La masse de propositions en sus des orientations du président de la République constitueront certes une base de travail assez consensuelle sur laquelle s’appuiera le groupe de spécialistes pour sortir avec une mouture à même de traduire la volonté d’une grande partie de la société politique et civile du pays. Mais plus que cela, les Algériens auront d’une manière ou d’une autre droit de regard. Au chef de l’Etat de trouver le moyen efficace d’associer les Algériens à la confection de la nouvelle mouture de la Constitution.
Cela pour dire que le débat futur ne portera pas seulement sur la nécessité d’aller vers une nouvelle Constitution, il sera également question de qui portera la nouvelle parole politique et comment se déclinera les rapports entre le peuple et ses dirigeants. Les Algériens qui ont créé cette situation d’exception sur la scène politique veulent prioritairement rester maîtres du jeu. En d’autres termes, après plusieurs mois de manifestations populaires, les choses sérieuses ne tarderont pas à commencer…
Par Nabil.G