lundi , 28 septembre 2020

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La corruption, les procès et le peuple

Le procès de l’homme d’affaire Mahieddine Tahkout a pris fin, hier, avec les énoncés des verdicts. On pourrait tout dire sur cette affaire et celles qui l’ont précédée, sauf que l’Algérie n’a pas tourné une page importante de son histoire contemporaine. En effet, quelque soit les conclusions que l’on peut avoir du déroulement des procès, des arguments avancés et la teneur des condamnations, il est aujourd’hui certain qu’un Premier ministre est un justiciable comme un autre. De même que les grands patrons dont on pensait qu’ils avaient les moyens de tout acheter. Assurément, ce n’est pas le cas. C’est ce qu’il faut prioritairement retenir de la séquence judiciaire que vit le pays et qui a été rendue possible par l’émergence du peuple sur la scène politique. Il va de soi que toute intrusion dans le fond de ces affaires de corruption ne relève pas de la compétence de qui que ce soit après que le jugement a été prononcé. Mais l’histoire retiendra qu’en 2020, l’Algérie a réalisé quelque chose d’immense, dont on connaîtra les conséquences dans les quelques années qui viendront. Ce sera le travail des historiens.
Présentement, l’on peut souligner la dangerosité du phénomène de la corruption sur la société et l’Etat. Lorsque des voyous en col blanc s’imposent comme une sorte de modèle à suivre, comme cela a failli arriver chez-nous dans un passé récent, il est clair que l’Etat avec, toutes ses institutions, ainsi que la société, se rendent coupables de graves négligences. On ne peut pas laisser les choses s’empirer de la sorte dans un pays qui a vu plus d’un million et demi de martyrs donner leur vie. Cela, tout le monde en Algérie en a conscience, mais l’on a l’impression qu’il y a un temps, personne n’osait dire les choses franchement telles qu’elles se présentaient. Le peuple dans son ensemble s’en est occupé un certain 22 février 2020.
Au delà des procès, il est entendu que la lutte contre la corruption doit être l’affaire de tous. Il faut absolument que la société et les structures de l’Etat fassent ce qu’il faut pour isoler la vermine qui ronge le corps social de l’Algérie.
Les corrompus et les corrupteurs sont partout, dans tous les secteurs, mais ne sont pas majoritaires. Que l’on se dise, une bonne fois pour toutes, qu’ils sont en train de détruire l’Algérie. Notre devoir de patriote est de leur barrer la route. Nous sommes d’autant plus obligés de consolider sérieusement cette lutte sociale et sociétale, que le néocolonialisme qui nourrit et se nourrit de la corruption et l’utilise comme porte d’entrée pour détruire les sociétés.
Par Nabil.G