lundi , 18 octobre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Rapports de la BM et du FMI sur l’économie algérienne</span>:<br><span style='color:red;'>La croissance confirmée pour 2018</span>

Rapports de la BM et du FMI sur l’économie algérienne:
La croissance confirmée pour 2018

Les deux institutions de Breton Wood, ont convergé sur certains points et divergé sur d’autres. Il est clair cependant, qu’avec ou sans leurs rapports, l’économie nationale se développe doucement et sûrement. La croissance, les déficits, l’inflation et le taux de chômage ne sont pas de nature à susciter une quelconque panique.

Les deux gendarmes financiers de la Planète, le FMI et la Banque mondiale, font des prévisions économiques optimistes pour le premier et mitigées selon le second pour l’Algérie. Loin des discours catastrophistes, la BM parle d’une reprise rapide de la croissance pour 2018. «La croissance devrait reprendre rapidement en 2018 par suite du processus d’expansion budgétaire». Le document de la Banque mondiale, table sur un rebond de 3,5%, bien plus robuste que les 2,1% de 2017. Ces chiffres ne constituent pas une nouveauté pour l’institution de Breton Wood, en ce sens que ce sont les mêmes prévisions effectuées dans son précédent rapport où il avait été question d’une croissance de 2,2% en 2017 et de 3,6% en 2018. Démenti par un dynamisme économique qui a porté la croissance de l’économie hors hydrocarbures autour de 3,6%, le groupe de la Banque mondiale précise néanmoins, son propos en rappelant que le freinage était lié à la baisse de la production des hydrocarbures. Celle-ci, selon la BM, a diminué de 1,4% l’année dernière. Mais pour corriger cette faiblesse, «la production des nouveaux puits pétroliers continuera d’être importante et stimulera la croissance», note le rapport qui semble accorder une trop grande importance au secteur des hydrocarbures. Pour le secteur hors hydrocarbures, la Banque mondiale déploie des chiffres différents de ceux présentés par le gouvernement, puisqu’il est question d’une croissance de 2,5% en 2017, alors que le gouvernement a annoncé un point de plus.
Pour la BM, les bonnes nouvelles s’arrêtent à la porte de 2018, puisque, insiste le même rapport, «le secteur hors hydrocarbures subira l’essentiel du processus de rééquilibrage des finances publiques que les autorités envisagent de reprendre vers le milieu de 2019». De fait, les prévisions de croissance sont de l’ordre de 2% en 2019 et de 1,3% en 2020. L’aspect optimiste dans le document de la Banque mondiale, est en rapport avec le déficit budgétaire, qui devrait augmenter en 2018 pour atteindre -11,4% du PIB, mais rapidement diminuer à -5,2% en 2019 et à -1,9% en 2020. A cet indice macroéconomique majeur destiné à retourner au vert, la BM conclut à la même évolution concernant le déficit du compte courant qui «devrait s’établir à -16,1% du PIB en 2018 et à -12,7% en 2019, devrait baisser à -10,2% en 2020». Mais ce niveau est jugé gérable, parce que les réserves de change correspondaient à 17 mois d’importations à la fin 2017. Il reste que ces mêmes réserves vont fondre à l’horizon 2020, pour ne représenter que «5 mois d’importation, soit un niveau proche du seuil de 3 mois des marchés émergents». Le point noir du rapport de la BM, reste l’inflation qui «est restée soutenue à 5,5% en 2017 mais a été plus lente qu’en 2016 à 6,4%, et devrait atteindre 7,5% en 2018, selon les mêmes projections». La traditionnelle pointe de critique tient à «l’adoption d’une politique monétaire non conventionnelle». Même si la BM reconnaît que la démarche «allège les contraintes sur les finances publiques à court terme», elle suggère de «gérer avec soin le recours exclusif au seigneuriage pour financer le déficit». C’est là une critique diplomatique à l’Algérie qui a préféré le recours au financement non conventionnel, à la place de l’endettement extérieur suggéré par la BM et le FMI. Les «experts» ont prédit une inflation à 4 chiffres qui ne s’est pas matérialisée.
Quant au Fonds monétaire international (FMI), son appréciation semble quelque peu différente, en tout cas, nuancé, puisqu’il est question dans le rapport du FMI, d’une prévision de croissance économique de l’ordre de 3% en 2018. Dans son rapport précédent, le même FMI préconisait une croissance de 0,8%. Mieux, le FMI estime que la poussée sera maintenue en 2019, pour aboutir à une croissance de 2,7%, selon les mêmes projections. Le FMI s’accorde avec la Banque mondiale pour ce qui concerne l’inflation qu’il situe «à 7,4% cette année contre une projection initiale de 4,4%. La projection pour 2019 se situe autour de 7,6%.» L’autre point de convergence entre les deux gendarmes financiers du monde, est le chômage, dont le taux prévisionnel serait, selon le FMI de 11,2% en 2018. Il reste que ce chiffre est inférieur de deux points à celui annoncé en octobre 2017 qui était de 13,2%. Le taux de chômage devrait progresser à 11,8% en 2019. Le FMI qui a suggéré «un dosage de politiques économiques» et estimé qu’«une masse critique de réformes structurelles est nécessaire pour promouvoir l’émergence d’une économie tirée par le secteur privé et diversifiée, et réduire ainsi la dépendance au pétrole et au gaz».
Il y a lieu de constater que les deux gendarmes financiers du monde n’ont pas commenté les décisions de suspension des importations de 851 produits et n’ont pas donné leur appréciation quant à la robustesse de l’économie hors hydrocarbures qui est parvenue à éviter une forte inflation malgré l’interdiction d’importation de nombreux produits.
Alger: Smaïl Daoudi