jeudi , 22 octobre 2020

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La démocratie, c’est aussi la sanction des électeurs

Au quatrième jour de la campagne électorale, les cinq candidats à la magistrature suprême, ont pris la cadence qu’il faut, mouillent le maillot, font des promesses à leurs auditoires et construisent donc des discours sur pièce destinés à chaque catégorie sociale. Il n’est pas question de les critiquer, voire les blâmer pour ce genre de comportement, pour la simple raison que tous les candidats de par le monde, font les mêmes promesses et s’engagent sur des chantiers titanesques pour n’en réaliser que très peu durant leur mandats. Les électeurs qui ont assisté aux meetings de Tebboune, Benflis, Bengrina, Mihoubi et Belaïd, savent pertinemment que les promesses n’engagent en réalité que ceux qui les reçoivent. Ils ont également conscience que certains projets sont difficilement concevables dans la situation économique actuelle. Il ne vient à personne l’idée de croire tout ce qui se dit lors d’une campagne électorale. Cela est un fait universellement admis.
Cependant, aller jusqu’à dire qu’une campagne électorale n’est pas nécessaire, serait commettre une faute et réduire la démocratie, le débat politique et la citoyenneté à sa plus simple expression. La question n’est principalement pas dans ce que peut tel ou tel autre candidat pour telle ou telle autre région, mais d’installer la pratique démocratique qui veut qu’un électorat élit un homme et une femme et conserve le pouvoir de le sanctionner en fin de mandat. Cette sanction peut être positive pour une catégorie de citoyens et négative pour une autre, mais en tout état de cause, ce sera la majorité qui décidera si le candidat aura le droit de rempiler ou pas. C’est dire que les Algériens doivent comprendre qu’un pont non réalisé dans une wilaya ne signifie pas l’échec d’une politique, et le contraire est valable, c’est-à-dire qu’une réussite régionale ne garantit pas une réélection.
Cela, pour dire que les candidats, les électeurs et l’ensemble de la communauté nationale, doivent prendre cette campagne, pour ce qu’elle est, à savoir un pas historique dans une nouvelle ère. Celle de la souveraineté du peuple sur ses dirigeants, celle de l’alternance au pouvoir et le respect de l’urne. Les promesses, les discours et autres bains de foules, sont les artifices nécessaires de toute campagne électorale, mais au final, l’important reste la sanction des électeurs dans cinq ans.

Par Nabil.G