jeudi , 4 mars 2021
<span style='text-decoration: underline;'>NORMALISATION AVEC ISRAËL ET SOUVERAINETÉ MAROCAINE SUR LE SAHARA OCCIDENTAL</span>:<br><span style='color:red;'>La dernière cabale du makhzen</span>

NORMALISATION AVEC ISRAËL ET SOUVERAINETÉ MAROCAINE SUR LE SAHARA OCCIDENTAL:
La dernière cabale du makhzen

Cet accord à trois a été dénoncé sur son volet de la normalisation avec Israël par toutes les factions palestiniennes. Sur le volet de la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis occupés, on retiendra la réaction du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a souligné la «position inchangée» de l’Onu sur le Sahara occidental.

L’accord Etats U n i s – M a r o c – Israël était dans l’air, depuis plusieurs décennies. Il fallait juste le rendre public. Et c’est le président américain, Donald Trump qui s’en est chargé. Dans deux twitt, Trump a expliqué le deal. Il a d’abord annoncé la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv. Dans un deuxième temps, il affirme avoir signé un décret reconnaissant la souveraineté marocaine sur les territoires sahraouis occupés.
Les relations entre les deux twitt crèvent les yeux. L’on y aura vu une transaction politique sur le dos des deux derniers peuples de la planète aspirant à leur autodétermination. Les Sahraouis et les Palestiniens paient cash la trahison marocaine et l’expansionnisme de l’Etat Hébreu.
De son côté, le Maroc n’a pas tardé à donner crédit aux propos du président US. Dans un communiqué rendu public le même jour, Rabat affirme avoir accepté de normaliser ses relations avec Israël, dans le cadre d’un accord négocié avec l’aide des Etats-Unis d’Amérique, a annoncé l’administration américaine.
Dans ledit communiqué où l’on sent clairement l’absence d’une adhésion populaire marocaine au deal infâme, il est précisé «des autorisations de vols directs pour le transport des membres de la communauté juive marocaine et des touristes israéliens en provenance et à destination du Maroc».
Parmi les engagements pris par le roi Mohamed VI vis-à-vis du président américain sortant, figure aussi la promotion des relations dans les domaines économique et technologique.
Le Maroc devient ainsi le quatrième pays arabe à normaliser ses relations avec l’entité sioniste depuis le mois d’août dernier, après les Emirats arabes unis, le Bahreïn et le Soudan. Cet accord à trois a été dénoncé sur son volet de la normalisation avec Israël par toutes les factions palestiniennes. De plus, un haut responsable palestinien a condamné l’accord de normalisation des relations entre le Maroc et Israël, soulignant qu’il était «inacceptable et préjudiciable à la question Palestinienne ».
«La normalisation des liens avec Israël portera atteinte à la cause palestinienne»,
a déclaré Nabil Chaath, conseiller du président palestinien Mahmoud Abbas pour les relations internationales, dans un communiqué de presse. Sur le volet de la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis occupés, on reteindra la réaction du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui a souligné la «position inchangée» de l’Onu sur le Sahara occidental.
M. Guterres «pense (…) que la solution à cette question peut toujours être trouvée sur la base des résolutions du Conseil de sécurité», a affirmé son porte-parole lors de son point-presse quotidien. La résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité a chargé la Minurso d’organiser un référendum libre et équitable au Sahara Occidental et en proclamer les résultats.
Au plan politique, le représentant du Front Polisario à Washington, Mouloud Said, a regretté la décision du président américain. «Nous regrettons la décision prise par le président Trump, mais la réalité est que le Maroc occupe une partie du territoire d’un Etat membre de l’Union africaine. Une telle décision ne changera ni la nature ni le statut du territoire », a déclaré le diplomate sahraoui dans une première réaction à la décision du président américain sortant.
«En outre, le peuple sahraoui ne peut être utilisé comme une marchandise dans les transactions diplomatiques internationales. Le peuple sahraoui continuera avec sa détermination à lutter jusqu’à la fin de l’occupation et le respect de la Charte de l’Union africaine», a-t-il ajouté. Pour l’ambassadeur sahraoui à Alger, l’accord conclu entre Trump, le régime marocain et Israël «est dénué de légitimité et contraire aux résolutions onusiennes». Abdelkader Taleb Omar a affirmé que «les parties du deal marchandent les droits et le sang des deux peuples, palestinien et sahraoui».
Pour l’ambassadeur, comme pour beaucoup d’observateurs attentifs de la scène internationale, «cet accord, qui n’est qu’un nuage passager qui va se dissiper une fois que Trump quittera la Maison blanche, n’influera pas sur la volonté du peuple sahraoui et ne le découragera pas dans sa lutte pour l’indépendance».

Yahia Bourit