dimanche , 28 février 2021

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La énième raclée pour le tourisme national

A quelques jours du réveillon 2019, il est de tradition que l’on se pose mutuellement les questions relatives aux résolutions et surtout au programme concocté, même si une bonne majorité de pères de familles optent déjà mécaniquement pour un dîner amélioré à la maison. Mais les défenseurs du tourisme intérieur veulent croire à une «vraie» clientèle, celle des trentenaires célibataires, gagnant bien sa vie. Pour cette catégorie d’Algériens, c’est théoriquement possible de réveillonner sans avoir à courir après un visa d’entrée dans l’un des pays d’Europe. Enfin, ça sera un réveillon sans neige, mais de bons moments en perspective, promettent les prospectus des voyagistes. L’endroit en question, n’est autre que le grand sud du pays. Mais tout ça reste encore théorique. Et ce n’est pas la sécurité qui se mettrait au travers de la concrétisation d’une pareille entreprise.
A voir toutes ces étendues majestueuses, ces dunes dorées, ces hommes et ces femmes pas du tout pressés, tout à leurs ouvrages, défiant le temps et affichant un réel plaisir, les candidats au voyage se disent d’abord: «c’est mon pays ça ! Je peux donc m’y rendre sans visa ! Quel plaisir de voir un couché de soleil dans le grand sud pour de vrai et pas à travers la petite lucarne du téléviseur».
Cela est d’autant plus vrai qu’il est possible de le vérifier auprès des collègues ou voisins qui a de la famille là-bas et qui en parle comme de n’importe quelle région du pays, socialement s’entend bien sûr. Ce sont des Algériens qui vivent un peu comme tous leurs concitoyens, à la différence qu’ils ont un maximum de sécurité et un climat un peu particulier.
Mais alors pourquoi un voyage dans le sud pour fêter le nouvel an est impossible ? Enfin, il ne l’est pas pour une petite minorité d’Algériens. Mais pour l’écrasante majorité, une telle entreprise reviendrait dix fois plus cher qu’un réveillon en Tunisie de l’après Benali. Et puis même du temps de Benali, ce n’était pas si cher que ça. Et cerise sur le gâteau, ce pays fait un forcing agressif sur les réseaux sociaux et va jusqu’à acheter des espaces publicitaires dans les médias algériens pour vanter ses installations touristiques. En face, c’est-à-dire chez-nous, on multiplie les réunions entre voyagiste et l’administration, juste pour affirmer le potentiel national, sans lancer une véritable initiative sur le terrain. Dans cette bataille du réveillon, parions que le tourisme national recevra sa énième raclée.

Par Smaïl Daoudi