mercredi , 25 novembre 2020

La fatalité oranaise des retards et des improvisations

Le responsable du secteur de l’Urbanisme, de l’architecture et de la construction (DUAC) de la wilaya d’Oran, annonçait il y a quelques jours à l’agence APS, qu’une enveloppe d’un montant de trois milliards de dinars a été affectée à la réalisation d’une série «d’opérations d’aménagement urbain en prévision des jeux méditerranéens qu’abritera la ville en 2021». En d’autres termes, ironisent les «mauvaises langues» locales, Oran n’a pu bénéficier de ces travaux de réfection de quelques espaces urbains que par la grâce de ce rendez-vous sportif international placé aujourd’hui au cœur des préoccupations des autorités locales et nationales. Curieusement, un grand nombre d’actions devant être inscrites normalement au programme courant de développement de la Capitale oranaise, sont abusivement intégrées dans l’agenda des préparatifs des prochains J.M. comme si l’événement ne saurait avoir lieu sans leur concrétisation.
On peut, à titre d’exemple, citer cette opération d’aménagement et de réhabilitation des arènes d’Eckmühl, cet autobus affecté par l’ONAT à un «circuit touristique» à travers la ville, ces réfections et réhabilitation de quelques façades d’immeubles et d’édifices, ou encore ces opérations «d’embellissement urbain» visant des axes routiers et des sites situés sur les trajets incontournables des participants, athlètes et délégations, devant être accueillis en juin 2021. Même les grandes extensions prévues à Oran pour le parc hôtelier, avec des projets initiés par des opérateurs privés il y a parfois plus de quatre ans, sont cités en «succès» à inscrire au programme de préparation des prochains jeux.
Comme si le développement du tourisme n’était pas, en soi, une ambition depuis longtemps exprimée et qui nécessite on le sait, le développement de structures hôtelières dignes du statut de la Ville. Evoquant quelques opérations d’aménagement, telle une piste cyclable de 4 km, beaucoup oublient que l’entreprise nationale d’aménagement des réserves naturelles et des parcs à Alger, ENARP, a souvent, et depuis très longtemps réalisé ce genre de travaux dans des forêts récréatives autour d’Alger et de Constantine.
Dont une première piste cyclable de plus de huit km ouverte en 1986 dans le site naturel de Bouchaoui près de Zeralda à Alger. Bien d’autres actions, des plus élémentaires en matière d’entretien et d’amélioration du cadre urbain, sont souvent évoquées par certains responsables avec des éloges appuyés eu égard au taux d’avancement des travaux enregistrés. Il est vrai que face à la fatalité oranaise des retards et des improvisations, un travail normalement réalisé dans les règles et les délais, peut devenir un glorieux «exploit» à applaudir et à souligner…
Par S.Benali