jeudi , 22 octobre 2020

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La fin d’un projet utopique ?

Nous avons déjà soulevé sur ces mêmes colonnes, cette question qui taraude l’esprit de tous les gouvernants de ce monde, et qui se résume à cette seule question. De quoi sera fait demain et comment sortira le monde de cette pandémie du coronavirus? Si à ce jour, on semble plus ou moins d’accord sur l’avance prise par certains pays et notamment la Chine, on s’inquiète, par ailleurs sérieusement sur les bouleversements qui attendent certains autres, à commencer par l’Union Européenne et les pays qui la composent.
Toutes les études et estimations faites à ce jour, ne prédisent rien de bon à cette Union qui a démontré de manière quasi dramatique son impuissance à faire face à un cas de force majeure, comme celui auquel on fait face. Cette Europe qui pourtant a fait de l’absence des frontières sa doctrine centrale, n’a pas tenu trop longtemps pour revenir aux frontières souveraines de chaque pays. Une décision qui renseigne sur l’impossibilité de faire admettre certaines doctrines, aussi dogmatiques soient –elles, face à des urgences qu’on ne peut maîtriser.
L’Europe a aussi découvert, effarée et impuissante, à travers le cas italien, le repliement de ses membres chacun sur soi. L’Italie durement frappée par la pandémie, a du se tourner vers la Chine, la Russie et même Cuba pour avoir les kits et les aides nécessaires en masques ou respirateurs. Pékin a d’ailleurs été aux premières lignes afin de porter assistance à Rome.
Une réalité amère qui a poussé les Italiens à porter de très sévères critiques à cette Union Européenne qui les a lâchés au pire moment de leur histoire contemporaine. Et ainsi, on a vu des milliers d’Italiens sur internet brûler le drapeau bleu de l’Europe et exprimer ainsi leur rupture totale avec cette Union qui a failli.
Et même si aujourd’hui, les responsables européens tentent de rattraper le coup et la série de bévues faites depuis l’apparition de la pandémie, en annonçant la suspension de certaines règles de discipline budgétaire, dont notamment l’obligation d’avoir un déficit public inférieur à 3% du produit intérieur brut, il n’empêche qu’en évidence le mal est déjà fait.
Il ne faut pas être devin pour dire que lors des prochaines élections nationales dans tous les pays de l’UE et plus encore en Italie, les partis anti européen auront la part belle des suffrages, et un Matteo Salvini sera le héros des prochains mois.
Ainsi et pour résumer, si dans l’après coronavirus, il est évident que la Chine sera le pays le plus puissant des années à venir, l’Europe, quant à elle, est déjà sortie perdante et divisée de cette crise, et peut même voir son grand projet de la Grande Europe s’évaporer à jamais.
Par Abdelmadjid Blidi