mercredi , 5 août 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie</span>:<br><span style='color:red;'>La France va réviser la fiche conseils et voyages pour l’Algérie</span>
© OT / Adda

Xavier Driencourt, ambassadeur de France en Algérie:
La France va réviser la fiche conseils et voyages pour l’Algérie

En visite, lundi, à l’usine Renault de Oued Tlélat et à une question d’Ouest-Tribune sur la fiche conseils et voyages en Algérie établie par le ministère français des Affaires étrangères classant une grande partie de l’Algérie en zone rouge, Xavier Driencourt, ambassadeur de France dans notre pays, a dédramatisé la situation annonçant la révision prochaine de cette fiche eu égard à la stabilité que connaît l’Algérie actuellement.

Le sujet a été évoqué entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays à Alger lors de la visite de Jean Yves Le Drian effectuée au mois de décembre a-t-il dit.
A consulter cette fiche sur le site du quai d’Orsay, tout le sud algérien est formellement déconseillé. Les déplacements professionnels et touristiques dans les villes d’Alger et de Tipaza, d’Oran et de Tlemcen, sont possibles, sous réserve de faire preuve de vigilance. Les villes (dont Alger et Oran) peuvent connaître des mouvements sociaux, généralement pacifiques mais susceptibles également de donner lieu à des troubles, ou parfois de dégénérer en émeutes urbaines. Certains observateurs estiment que ces appréhensions sont quelque peu exagérées.
Sur le plan économique, le diplomate Français s’est félicité de l’évolution notable dans ce domaine déclarant que 19 accords ont été conclus lors de la réunion du comité interministériel de haut niveau (CIHN), tenue à Paris le 7 décembre dernier, sans en préciser la nature. Il indiquera également, dans le sens de cette amélioration, «que le projet Renault qui n’était qu’un rêve lors de mon premier mandat (2008-2012), est devenu une réalité».
L’usine Renault que nous avons sillonnée en sa compagnie et qui s’étale sur 150 hectares dans la zone industrielle de Oued Tlélat, a atteint une production de 100 000 véhicules au mois de septembre 2017 et compte lancer la Clio 4 très prochainement. Le taux d’intégration est estimé à 30%. Cinq sous-traitants locaux fournissent des accessoires. FONFLEX pour les tapis, SITEL pour les Câblages, MARTUR pour les sièges, SEALYNX pour les joints d’étanchéité et SAREL pour les pièces plastiques.
Le projet Peugeot, quant à lui, et a connu des couacs du temps du ministre de l’Industrie Bouchouareb, verra bien le jour et sera mitoyen à celui de Renault dans la même zone. Selon le conseiller économique de l’ambassade française qui accompagnait SEM. Driencourt, il a été acté le 13 novembre 2017 dans l’attente du feu vert du conseil national d’investissement pour valider les exonérations fiscales et douanières sur lesquelles les deux orateurs n’ont voulu s’exprimer de laisser le soin au constructeur automobile de le faire en temps opportun.
Rappelons, que quelques 450 entreprises françaises sont présentes en Algérie générant 40 000 emplois directs et 100 000 indirects. La France est le premier investisseur hors hydrocarbures en Algérie avec 1,8 MDS € d’investissements directs à l’étranger (IDE), elle est le deuxième fournisseur de l’Algérie après la Chine (+ de 5 MDS € d’exportations en 2016), alors qu’elle est le troisième client de l’Algérie (près de 3 MDS € d’importations en 2016).
Pour ce qui est des crânes des résistants algériens détenus par la France au musée de l’homme à Paris et pour lesquels le président Macron a donné le feu vert de leur rapatriement lors de sa visite le 6 décembre 2017, Xavier Driencourt dira que le dossier doit être déclassifié et qu’une loi est nécessaire pour ce faire, sans préciser quand cette loi doit être soumise au parlement français. Le diplomate évoquera aussi, la question qui a fait polémique autour de la réouverture du consulat de Ouargla qui a existé jusqu’en 1983, répétant les propos qu’il a tenus le 12 décembre à l’occasion de sa présence dans cette ville. Il y aura bien un espace France au sein même de l’université locale mais il n’est pas question d’un consulat a-t-il spécifié.
S’agissant des informations ayant circulé dans une certaine presse faisant état d’un déplacement du président Macron en Algérie en février, il les démentira et dira qu’elles sont sans fondement. Macron avait annoncé lors de sa visite d’amitié de décembre 2017, qu’il en effectuerait une courant 2018 sans qu’aucune date ne soit fixée. Elle aura le niveau de visite d’Etat a-t-il encore ajouté.

Oran: Hakim Ghali