jeudi , 25 février 2021

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La fuite en avant

Les chiffres sont angoissants et effarants. Pour les seuls dix premiers mois de cette année 2018, plus de 2.000 migrants et réfugiés sont morts en traversant la Méditerranée. Ces milliers de personnes qui tentent de fuir les guerres, les maladies et la misère voient souvent leur rêve couler dans cette mer qui est devenue un vrai cimetière où gisent des milliers de corps et s’évaporent les chimères d’un lendemain meilleur.
Face à une Europe de plus en plus recroquevillée sur elle-même et de plus en plus hermétique à tout ce qui est étranger, cette traversée est devenue un vrai suicide collectif. Alors que les mouvements populistes ont le vent en poupe dans le Vieux Continent, les portes se referment face à cette misère qui vient du sud. En Italie, en Hongrie, en Autriche et même en Suède, les mouvements de l’extrême droite ont pris le pouvoir. Leur réussite se résume en un seul slogan « plus d’immigrés sur nos terres ». Un slogan qui malheureusement prend de l’ampleur au sein d’autres sociétés européennes comme en France ou en Allemagne où ces mouvements extrémistes frappent déjà aux portes du pouvoir.
Et dans le même moment, au sud les choses s’empirent. Les conflits et le terrorisme font des ravages au Sahel, alors que des pays comme la Libye coulent dans le chaos total. Une situation qui a été pourtant nourrie par ces mêmes Européens qui, après avoir pillé ces pays, ont grandement contribué à leur déstabilisation, comme ce fut le cas avec la France en Libye. Et il en est de même en Syrie, en Irak ou au Yémen où les Occidentaux ont poussé au pourrissement jusqu’à faire voler en éclat plusieurs Etats.
Aujourd’hui, les morts de la Méditerranée ne sont que des tâches indélébiles sur la conscience des ces politiques qui s’enorgueillissent de leur valeur de droit de l’homme et du respect de l’humanité. Ces politiques qui, malheureusement, ne veulent pas reconnaître leur responsabilité, continuent de répéter leur triste phrase « nous n’avons pas vocation à abriter toutes les misères du monde ». Des misères qui sont, pourtant, de leur fait et auxquelles ils ont grandement contribuées.
Quand on voit tous ces ports européens qui se sont fermés face à un bateau comme « l’Aquarius », on comprend mieux la fuite en avant des politiques européens qui jusqu’à ce jour, ont fait le choix de la politique de l’autruche et ne veulent pas s’investir réellement dans la résolution de ce drame humanitaire qu’ils ont pourtant crée.

Par Abdelmadjid Blidi