lundi , 17 mai 2021
<span style='text-decoration: underline;'>AGRICULTURE, AGROALIMENTAIRE, INNOVATION</span>:<br><span style='color:red;'>La grande ambition d’un secteur</span>

AGRICULTURE, AGROALIMENTAIRE, INNOVATION:
La grande ambition d’un secteur

La feuille de route du gouvernement objecte de donner à l’agriculture nationale le statut de véritable locomotive de l’économie du pays, jusqu’à reléguer les hydrocarbures au second rang. Cette perspective est réaliste, sachant que la production agricole de 2020 a dépassé celle du pétrole puisqu’elle a réalisé un chiffre équivalent à 25 milliards de dollars.

La stratégie nationale en matière d’agriculture est d’aboutir au final à une intégration de l’industrie dans l’ensemble des filières agricoles. Le président de la République qui en fait l’un des thèmes prioritaire de son action à la tête de l’Etat sait parfaitement l’importance de donner à l’agriculture nationale une perspective novatrice et pérenne à même de garantir la sécurité alimentaire du pays. La démarche entreprise par l’exécutif répond à la feuille de route du secteur pour la période 2020-2024. Mais encore faut-il identifier «les opportunités
d’investissement d’une part, et d’autre part, permettre aux porteurs de projets et aux investisseurs potentiels d’exprimer leur volonté d’investir dans la production agricole y compris dans sa transformation tout en s’inscrivant dans l’approche développée par le secteur au titre de la promotion des investissements structurants et du développement des filières stratégiques notamment céréalière, sucrière, oléagineuse et fourragère», comme le souligne le premier responsable du secteur.
Il faut également souligner l’urgence de réduire les comportements bureaucratiques à leur plus simple expression, tout en donnant toutes leurs chances aux compétences des différents secteurs concernés et les acteurs créateurs de richesse. Tout ce beau monde doit être mobilisés à l’effet de créer les conditions de complémentarité et de responsabilité pour s’assurer de leur implication dans une perspective d’amélioration de la production et de la productivité, avec un impact attendu à moyen terme, sur la réduction des niveaux des importations et l’amélioration du niveau des exportations.
Ce ne sera pas facile de réussir cette symbiose, mais elle reste nécessaire pour donner au secteur de l’agriculture une réelle visibilité à l’international. Ce ne sont pas les quelques tonnes de produits exportés annuellement qui garantiraient l’émergence de l’Algérie en tant qu’acteur de régional de premier plan dans le domaine. La véritable ascension souhaitée par tous est à chercher dans le Sud et les Hauts plateaux. Et pour cause, les investissements dans les régions sahariennes, devront être prioritaire. Et en la matière l’Office de
développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes (ODAS) est tout indiqué pour jouer un rôle central. C’est, en effet, un outil important d’accompagnement des porteurs de projets.
On retiendra dans les perspectives immédiates de l’exécutif, d’ailleurs clairement exprimé par le ministre de l’Agriculture, une réduction de la facture d’importation des produits agricoles de quelques 2,5 milliards de dollars, à l’horizon 2024. Le gouvernement cible les produits de base comme les céréales, le sucre, la poudre de lait et l’huile. La feuille de route, le secteur entend cultiver l’arachide, le soja et le colza en vue de réduire la facture des importations de ces matières. A l’horizon 2030, l’ambition affiché sera de déterminer une cartographie des
surfaces agricoles à l’échelle de tout le pays.
Le secteur s’emploie également à consolider les capacités nationales de collecte et de stockage des céréales, à travers la réalisation de silos en béton, le lancement d’une opération de réalisation de silos en métal et la réalisation d’un centre de collecte de proximité. De surcroît, 13 complexes frigorifiques devront être réceptionnés pendant l’année 2021.
Enfin, la feuille de route du gouvernement objecte de donner à l’agriculture nationale le statut de véritable locomotive de l’économie du pays, jusqu’à reléguer les hydrocarbures au second rang. Cette perspective est réaliste, sachant que la production agricole de 2020 a dépassé celle du pétrole puisqu’elle a réalisé un chiffre équivalent à 25 milliards de dollars.

Nadera Belkacemi