jeudi , 29 octobre 2020

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La jeunesse et ses véritables préoccupations

Le ministre de la Jeunesse et des Sports est très actif, ces derniers jours, sur le terrain de la jeunesse, spécifiquement. Sa récente tournée quasi exclusivement dédiée à l’écoute de la jeunesse de l’Algérie profonde augure d’une meilleure prise en charge, voire pourquoi pas, d’une mobilisation des énergies véritablement saine de la jeunesse algérienne. Il faut dire à ce propos que même au sein de cette frange de la société, le système finissant y avait ses pions. Et pour cause, sur les écrans de télévision, on se surprend à voir des têtes que l’on savait très proches de l’ancienne équipe dirigeante et qui ne brillaient pas par leurs compétences et encore moins par le dévouement à la jeunesse, autour du ministre.
Les jeunes lambda qui ont très largement participé au sublime mouvement populaire sont certainement en attente d’un plan de développement sérieux et réalisable sur le terrain, mais encore faut-il que les nouvelles autorités sachent trouver les véritables compétences à même de créer la connexion entre le sommet et la base qui manque tant en Algérie. En attendant, il faut bien se rendre à l’évidence que les jeunes préfèrent prioritairement s’identifier à leurs clubs de football fétiche.
L’inquiétude qu’ils expriment régulièrement concernant la santé financière de ces clubs est symptomatique du très fort intérêt qu’ils leur portent. On est là, au delà du sport. Il est véritablement question d’identification. Un lien que les sociologues doivent impérativement étudier. En effet, le CRB, le MCO, le NAHD, le CSC et d’autres clubs mythiques, ce sont autant d’institutions qui ont accompagné la jeunesse algérienne dans leur joie et leurs peines. A ce titre, il est fait obligation à toutes les instances chargées de la jeunesse et des sports d’intervenir d’une manière ou d’une autre pour apporter des solutions durables au sacro-saint problème de financement des clubs de football professionnels. C’est ce que disent les jeunes dans leurs manifestations pacifiques où ils réclament une entreprise pour leur club. Les pouvoirs publics ne doivent certainement pas s’en laver les mains. Leur mission est de «titiller» d’une manière ou d’une autre la société civile pour que celle-ci s’engage avec les jeunes pour la recherche d’une issue au problème des financements des clubs, mais plus globalement à la prise en charge de toutes leurs préoccupations. Cela pour dire que les jeunes supporters posent une problématique qui va au delà de leur club, puisqu’ils posent un véritable questionnement d’ordre sociétal. Le ministre, à travers ses sorties sur le terrain, saura t-il être efficacement à l’écoute ? Le bilan du plan jeunesse nous le dira.
Nabil G