mardi , 2 mars 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Plus de 2.000 migrants s’y sont noyés depuis janvier </span>:<br><span style='color:red;'>La Méditerranée, un immense cimetière sans sépultures</span>
© D.R

Plus de 2.000 migrants s’y sont noyés depuis janvier :
La Méditerranée, un immense cimetière sans sépultures

Le chiffre consolidé par l’Onu apporte quelques détails révélateurs de l’ampleur du drame et de la responsabilité directe des gouvernements de l’Europe occidentale qui ont détruit la Libye. Il faut savoir, en effet, que plus de la moitié d’entre les noyés sont décédés en tentant d’aller en Italie, donc en partance de Libye.

Au centre d’un malaise européen et proies innocentes de passeurs sans scrupules, les migrants africains continuent à allonger la longue liste de noyés dans la Méditerranée. Les dernières statistiques en date sur ce phénomène créé par l’agression contre la Libye, fait état de la mort de plus de 2.000 migrants et réfugiés depuis janvier au large des côtes européennes. «Environ 105.000 demandeurs d’asile et migrants ont atteint l’Europe jusqu’à présent, cette année, et le nombre de vies perdues en Méditerranée a maintenant dépassé les 2.000», a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Charlie Yaxley, lors d’un point de presse à Genève. Toutes ces personnes repêchées sans vie étaient mues par un espoir fou d’une vie meilleure en occident.
Le chiffre consolidé par l’Onu apporte quelques détails révélateurs de l’ampleur du drame et de la responsabilité directe des gouvernements de l’Europe occidentale qui ont détruit la Libye. Il faut savoir, en effet, que plus de la moitié d’entre les noyés sont décédés en tentant d’aller en Italie, donc en partance de Libye. Selon l’Onu la tendance est baissière en comparaison avec les années précédentes. Mais cette baisse est très relative, puisqu’un porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Joel Millman, a expliqué que c’est «la 5e année consécutive» que ce seuil des 100.000 migrants et réfugiés est dépassé. C’est dire que le phénomène est parti pour durer encore, avec ce que cela suppose comme morts par noyades au large des côtes européennes.
Seule consolation dans cette tragédie du 21e siècle, cette année, ce seuil a été atteint beaucoup plus tard que les précédentes années: à titre de comparaison, ce chiffre avait été atteint en juillet l’an dernier. Cela n’enlève rien à la gravité de la situation qui prévaut au sein de la Grande bleu et que les 10 pays qui l’entourent semblent visiblement incompétent à la gérer.
Le cadre de l’initiative 5+5, soutenue par les pays du nord et du sud de la Méditerranée, a fait de la problématique de la migration, l’une de ses priorités. Mais force est de constater toute l’impuissance des Etats à contenir le flux de migrants africains vers l’Europe.
L’approche occidentale consiste à amener les pays de la rive sud de la Méditerranée à ouvrir des camps de transit et de tri où seront déposés les dossiers des réfugiés. Une manière de mettre la poussière sous le tapis, ce que refusent les pays maghrébins.
En attendant de trouver une issue à l’impasse humanitaire que pose le problème des Harragas africains, l’Espagne est devenue cette année, la principale destination des migrants et réfugiés, avec plus de 49.000 arrivées par voie maritime, devant la Grèce (plus de 27.700 arrivées) et l’Italie (plus de 22.160 arrivées).
Plus de la moitié des personnes sont décédées alors qu’elles tentaient de rejoindre l’Italie (plus de 1.260 morts selon l’OIM).
Un état de fait dramatique qui interpelle la conscience de l’opinion publique européenne, puisque ce sont leurs Etats qui ont provoqué la tragédie qui réduit la Méditérannée en un immense cimetière sans sépulture.
Alger: Smaïl Daoudi