lundi , 12 avril 2021

La mémoire sert à combattre les horreurs

Le débat mémoriel algéro-français prend de plus en plus de poids dans les sphères politico-médiatiques en Algérie et en France, depuis la remise du rapport Stora au président français, Emmanuel Macron. Dans cette nouvelle atmosphère, dont on ne peut pas vraiment soupeser la lourdeur, la France a un objectif pas encore très lisible et l’Algérie entend faire admettre la cruauté du système colonial. La démarche algérienne est dénuée de calculs politiciens. Il s’agit de dire à l’humanité ce qu’était la colonisation de peuplement pour que pareille chose ne puisse pas se reproduire. Et il faut pour cela que les Français d’aujourd’hui sachent le mal profond causé par le colonialisme, comme ils ont été mis au courant de l’horreur nazie et du drame de l’esclavage.
A ce propos, justement, en Algérie on n’oubliera jamais la violence inouïe du système colonial français. Faut-il après tant d’années d’indépendance, ressortir le sujet ? La réponse est bien entendu oui. Et pour cause, la France officielle d’aujourd’hui continue de trouver quelques «qualités» à sa présence en Algérie. Le pouvoir à Paris ne le dit pas à haute voix, mais il est indéniable que la communication politique de ce pays n’est pas très nette, notamment sur la question des crimes coloniaux. Même si Emmanuel Macron a officiellement reconnu les assassinats de Ali Boumendjel et Maurice Audin par l’Etat français, il reste dans le discours officiel a quelques relents de «biens faits de la colonisation».
L’on sent bien cette tendance à la «glorification» d’un passé pourri », non pas dans les discours des politiques, mais dans les travaux audiovisuels que l’on a produit tout au long des 59 dernières années. Les documentaires français sur l’ère coloniale tentent systématiquement de trouver des circonstances atténuantes. En d’autres termes, ils veulent bien reconnaître la cruauté du système colonial, mais évoquent systématiquement l’alibi de la réaction à la violence révolutionnaire.
Ils invitent leur auditoire à méditer sur des «faits» et font du Premier novembre 1954, le point de départ d’argumentaires. Les plus « osés » de leurs films documentaires sur l’Algérie effleurent à peine le massacre de mai 1945. C’est pour cette raison qu’il est impératif de commémorer toutes les journées qui symbolisent l’horreur coloniale. Des enfumades de Mostaganem jusqu’aux meurtres de manifestants du 17 octobre 1961, en passant par la torture érigée en système.
Par Nabil G