mercredi , 5 août 2020

«La nature a horreur du vide…»

A la sortie ouest de la ville d’Oran, en allant vers Misserghine, la zone périphérique connue depuis longtemps sous le nom de «Hai Coca» reflète bien aujourd’hui l’ampleur hallucinante de la prolifération des bidonvilles. Un fléau devenu incontrôlable et même irréductible tant il est aujourd’hui ancré en véritable «territoire social et urbain» devant être, un jour ou l’autre, intégré au tissu urbain, «régularisé» et rattaché à la collectivité locale. Un peu à l’image du très ancien bidonville de Sidi El Bachir et des douars qui formaient, jadis, la ceinture de misère autour de la ville d’Oran, «Hai Coca» avec ses mansardes hideuses, ses baraques en parpaings et tôles ondulées, ses échoppes et ses commerçants illicites, ne cesse de s’étendre de jour en jour. Selon des observateurs du tissu urbain oranais, c’est aujourd’hui le plus grand site de bidonville érigé à Oran, empiétant sur le domaine forestier et occupant un espace stratégique abandonné et négligé par les gouvernants depuis plus de cinquante ans. Selon des sources communales, citées hier par un confrère de la presse locale, plus de 150 nouvelles constructions illicites ont été érigées ces trois derniers mois sur cette zone, en flanc de montagne et sur les abords de la route menant vers la corniche supérieure. Contrairement à la zone de sortie est de la ville où tout a été mis en œuvre pour assurer une bonne extension urbaine de la cité, rien, ou presque rien n’a été engagé dans cette partie de la ville devant permettre d’occuper les terrains par des infrastructures et des équipements dignes des ambitions et du statut de la capitale oranaise. Soumise à l’afflux incessant de population en quête d’emplois, de logements et de meilleur horizon, Oran, comme la majorité des grandes villes, ne pouvait que céder des espaces aux constructions de baraquements anarchiques. On se souvient de Douar El Flalis, Douar Tiartia, Essaka, Cheklaoua et bien d’autres bidonvilles qui renaissent de leurs ruines après chaque démolition. Des bidonvilles qui n’ont pu être définitivement éradiqués que lorsque les pouvoirs publics ont décidé d’engager sur le site un projet de réalisation d’une infrastructure ou d’un d’équipement public. Une façon d’occuper le terrain pour empêcher l’arrivée des candidats aux bidonvilles, tant il est vrai, comme dit le dicton, que la nature a horreur du vide…
Par S.Benali