vendredi , 14 août 2020

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La présidentielle et le bisness de la démocratie

Le processus électoral ouvre à partir d’aujourd’hui une nouvelle phase. L’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a dix jours pour vérifier l’exactitude des informations fournis par les candidats à la présidentielle pour valider leurs dossiers. Cette étape intervient dans un contexte partisan assez particulier, faut-il le souligner. Dans l’arène politique ouverte par les Algériens, un certain 22 février 2019, il y a lieu de constater un «grand chahut», pour cause d’absence de consensus au sein de la classe politique. Tout le monde appelle à l’avènement dudit consensus, mais en réalité, personne n’en veut parmi les leaders de partis.
On en arrive à se demander à quoi auront servi les 31 ans d’ouverture politique en Algérie, sauf à créer des partis politiques à une cadence quasi-industrielle. Et pour cause, il semble que certains n’aient retenu que cette application de la démocratie. Le débat avec l’autre, la recherche d’une solution médiane, le compromis, ils ne savent visiblement pas ce que c’est. La multitude de formations politiques qui sont nées au lendemain des événements d’octobre 1988 avait, rappelons-le, parasité les champs politiques jusqu’à déboucher sur une situation de confusion telle que les citoyens s’étaient sentis perdus avant d’exprimer un franc désintérêt à la chose politique. Un état de fait qui a permis à une formation fasciste de menacer l’existence même de la République avec un réservoir électoral ne dépassant guère les 25% de l’électorat national global.
Sans revenir sur les conséquences dramatiques du foisonnement partisan, l’on rappellera simplement que le coup de frein apporté à « l’industrie des partis » n’a pas suscité beaucoup de commentaires au sein de la société. C’étaient quelques personnes, sans doute intéressées, qui criaient au scandale, accusant les autorités d’atteinte aux droits politiques des Algériens. Ce n’était pas totalement faux, sauf que l’usage que font les politiques des partis qu’ils sont censés présider ne change pas vraiment la donne politique dans le pays.
Le foisonnement partisan que nous vivons ces temps-ci, participe d’une logique mercantile et aura pour principale conséquence un survoltage inutile du paysage politique national. Nous allons voir naître une ribambelle de nouvelles petites formations autour desquels circulera un argent fou, dont on ne saura peut être jamais l’origine et la destination finale. Disons-le franchement, il y a un tas de formations politiques qui ne pensent pas vraiment à la nouvelle République, que sous l’angle d’un éventuel profit. En attendant, ils chahutent un processus historique et tenteront de le vider de sa sève pour qu’après, ils restent dans le jeu des «alliances bizarres».

Par Nabil.G