dimanche , 25 octobre 2020

...:
La rentrée sociale et les apprentis sorciers

Les rentrées politique et sociale ont eu lieu en Algérie. Il manque au tableau le « gros morceau » de la rentrée, à savoir la scolaire et l’universitaire. L’autre aspect particulier à ce mois de septembre alourdi par l’épidémie du coronavirus, la proximité d’un événement politique majeur qu’est le référendum sur la nouvelle Constitution. Les Algériens s’y préparent et rien ne semble les tracasser plus que d’habitude. Pourtant, les «observateurs», pas très avertis faut-il le préciser, avaient pronostiqué une période chaude, voire un peu trop chaude pour l’Algérie. Pour argumenter leur pessimisme, ils ont inventé une crise politique, une détresse sociale et un marasme économique. Tous les ingrédients d’une rentrée qu’ils attendaient très perturbée.
Les couacs dans les secteurs des transports et des services, directement liés à la pandémie, n’ont pas manqué à leur corps défendant, alimenter tous les fantasmes politiques d’une scène nationale qui fonctionne exclusivement aux signaux adressés par El Mouradia. En d’autres termes, on ne sait plus quoi faire, ni même quoi penser, lorsque la présidence de la République ne donne aucun signe de faiblesse. Les ministres avaient beau travailler, les institutions fonctionnaient normalement, il fallait qu’on l’invente cette crise politique. Alors on s’est mis à remuer partout où «une source» peut s’exprimer et ameuter l’opinion sur une prétendue démarche unilatérale dans la confection de la nouvelle Constitution. Et bien entendu, les reportages fabriqués ailleurs affolaient les «milieux spécialisés». La rumeur faisait le reste, cela va sans dire. C’est cela une crise fabriquée. Résultat, après le gouvernement, après des déclarations concrètes sur des sujets concrets, la rumeur répond à l’officiel et annonce l’impensable.
Sur le volet social, rien n’est laissé au hasard. Nos « observateurs » ont soulevé toutes les pierres. Là où un enfant pleure, une famille trébuche, un brin d’herbe s’enflamme, une voiture dérape, l’Etat en est toujours la cause. Ils ont tellement fait dans l’alarmisme qu’ils ont cru en leur mensonge et ont vu l’Algérie tel un chaudron prêt à exploser à n’importe quel moment. Et pour eux, quoi de mieux qu’une rentrée sociale pour que la mèche s’allume.
Au plan économique, ce sont les chiffres qui affolent les « observateurs ». Ils en font une lecture franchement décalée, soupèsent toutes les données et concluent que le pays va à la dérive. Il est en plein dans un marasme tellement profond qu’à chaque chute du prix du baril du pétrole, ils se pressent pour annoncer l’apocalypse.
Tous ces ingrédients dignes d’une explosion sociale à retentissement nucléaire devaient être réunis ces derniers jours. Mais force est de constater que la mayonnaise de l’émeute généralisée n’a pas pris. Cela dit, ils baissent les bras pour autant. Ils nous disent déjà qu’une rentrée sociale ça dure un mois ou deux. Nous allons attendre !
Par Nabil.G