mardi , 16 août 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Après la réaction de l’Union européenne sur la crise avec l’Espagne</span>:<br><span style='color:red;'>La réponse ferme et sans concession de l’Algérie</span>

Après la réaction de l’Union européenne sur la crise avec l’Espagne:
La réponse ferme et sans concession de l’Algérie

Le département ministériel de Ramtane Lamamra juge pleinement légitime «la décision de suspendre le Traité algéro-espagnol d’amitié, de bon voisinage et de coopération». Cette légitimité tient au fait que «le partenaire se soit délié d’obligations et de valeurs essentielles inscrites dans ce Traité».

Qualifiées par l’Algérie de «hâtives» et «infondées», les déclarations de deux responsables de l’Union européenne, portent le sceaux de «la précipitation et le parti-pris», a répondu, avant-hier soir, le ministère des Affaires dans un long communiqué. Faites, vendredi, au nom de l’Union européenne (UE) à la suite de la décision souveraine de l’Algérie de suspendre le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération la liant à l’Espagne, ces déclarations «mettent en évidence le caractère inapproprié de leur contenu», ajoute le ministère algérien des Affaires étrangère, mettant en exergue le caractère bilatérale du «désaccord politique avec un pays européen». L’Algérie est, à ce propos, très claire. «Aucune incidence sur les engagements de l’Algérie à l’égard de l’UE» n’est à craindre. Ce qui par voie de conséquence ne nécessite «nullement le déclenchement d’une quelconque consultation européenne aux fins de réaction collective», note la même source.
Le département ministériel de Ramtane Lamamra juge pleinement légitime «la décision de suspendre le Traité algéro-espagnol d’amitié, de bon voisinage et de coopération». Cette légitimité tient au fait que «le partenaire se soit délié d’obligations et de valeurs essentielles inscrites dans ce Traité, prenant ainsi la responsabilité de vider cet instrument juridique de sa substance et de mettre en cause sa pertinence dans les relations entre les deux parties audit traité». L’argumentaire de l’Algérie repose donc sur un manquement par l’Espagne à un engagement qu’elle a ratifié dans le Traité et rappelle que son gouvernement «a pris soin de préciser publiquement la portée de la mesure conservatoire qu’il a été amené à prendre pour préserver des intérêts suprêmes, d’ordre moral et stratégique, du pays face à des actes attentatoires à l’objet et à la finalité du Traité».
Le communiqué dément les allégations des deux responsables européens en rapport avec «la prétendue suspension des relations commerciales et d’investissement avec l’Espagne». En effet, dans leur communiqué officiel, de hautes instances de l’UE ont invoqué «sans aucun fondement», cette perspective. Le MAE algérien note, à ce propos, dans son communiqué le fait que «les instances communautaires européennes ne disposent en l’occurrence d’aucune base juridique pour établir leur compétence en la matière». C’est-à- dire l’incompétence de l’UE dans ce dossier précisément.
Sans fioritures, le ministère algérien des Affaires étrangères désigne «une personnalité manifestement commise à l’amplification des thèses de sa diplomatie nationale». Il est bien entendu question du responsable européen qui se trouve être un Espagnol membre du parti au pouvoir à Madrid. Il y a délit d’initié et plus encore, puisqu’il a privilégié sa famille politique «au détriment de la préservation des intérêts bien compris de l’UE». Et le communiqué de rappeler que l’Algérie compte «de nombreux amis et partenaires fiables et responsables», au sein de l’EU. Le MAE enfonce le clou, en estimant que «cette intrusion est d’autant plus douteuse et paradoxale qu’elle prend la consistance d’une vaine tentative de pression sur un pays du Sud jaloux de son indépendance nationale». Et le communiqué de comparer l’attitude européenne actuelle «avec la posture circonspecte de la Commission européenne dans le cas récent d’un contentieux commercial majeur concernant un Etat-clé de l’Union qui a été amené à rappeler ses ambassadeurs auprès de deux Etats développés non-européens avec lesquels il était en conflit d’intérêts». Le communiqué évoque la fameuse affaire des sous-marins français qui a vu l’Australie rompre le contrat, faisant perdre à la France plus de 7 milliards de dollars, au profit des Etats Unis. A l’époque, l’UE n’avait pas bougé le petit doigt.
On retiendra dans le communiqué le rejet franc et total «les insinuations et interrogations, fantaisistes et malveillantes, relatives à la question de l’approvisionnement de l’Espagne en gaz, alors même que le président de la République lui-même a eu à affirmer solennellement la détermination de la partie algérienne à s’acquitter de ses obligations contractuelles y afférentes».
Yahia Bourit