vendredi , 27 mai 2022
<span style='text-decoration: underline;'>Cour de justice de Mostaganem</span>:<br><span style='color:red;'>«La responsabilité professionnelle et pénale du journaliste en débat»</span>

Cour de justice de Mostaganem:
«La responsabilité professionnelle et pénale du journaliste en débat»

La salle d’audience de la cour de justice de Mostaganem est devenue, jeudi dernier pour la première fois, un lieu de formation des journalistes de la presse écrite, électronique et audiovisuelle, en vue de renforcer leurs connaissances pour mieux accomplir leur mission informationnelle dans les meilleures conditions et sans inquiétude.

Cette louable initiative du procureur général et du président de la cour en collaboration avec l’association de wilaya des journalistes s’inscrit dans une nouvelle vision stratégique ayant comme principal objectif le renforcement et la consolidation de la coordination « justice – presse », et comme thème premier l’étude du concept « la responsabilité professionnelle et pénale du journaliste ». Ainsi, en présence du wali, des membres de la commission de wilaya de sécurité, de directeurs de l’exécutif, du P/APC du chef du département de la communication et des sciences de l’information de l’université de Mostaganem, des responsables des cellules de communication de la sûreté de wilaya, de la protection civile et de l’inspection divisionnaire des douanes et des journalistes, le président de la cour a, dans un discours d’ouverture des travaux de cette journée d’étude, souhaité la bienvenue à l’assistance et mis en exergue la portée de cette journée d’étude qui tend a asseoir les bases d’un réel rapprochement de la justice et des médias. Il a aussi évoqué les différentes étapes traversées par le journaliste depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, c’est-à-dire de la plume militante jusqu’à sa participation effective au processus démocratique qui se poursuit en passant par son combat contre le terrorisme durant les années 1990.
Le président conclut en disant que la liberté d’expression, garantie par la Constitution ne peut réellement s’exercer qu’en respectant l’éthique et la déontologie, évidemment en ayant le sens de la responsabilité. Lui succédant, le procureur général, en expert juridique, a tout d’abord évoqué la naissance de la presse en chine en 911 avant J.C, et en 691 avant J.C par les romains. En Algérie, durant l’époque coloniale à partir du début du 20ème siècle, l’élite musulmane algérienne crée sa presse. Le procureur général cite à cet effet les journaux (Oued M’zab, le M’zab, et El Maghrib) fondés respectivement en 1926, 1929 et 1930 par Abou Yakdhan. « Indiquons que les responsables algériens des journaux ». « L’islam et Rachidi » qui avaient cessé leur parution au début de la guerre mondiale ont décidé de fusionner les deux organes sous le titre « l’Ikdam ». Cet organe a commencé à paraître en français et en arabe le 07 mars 1919.
L’Emir Khaled en était le rédacteur. Dans les années 1920, le cheikh Alawi avait fondé le journal «El Balagh Djazairi » qui portait son message jusqu’aux Etats-Unis d’Amérique. Ensuite, le procureur général, juriste aguerri, dira que l’Algérie a signé toutes les conventions internationales ayant trait à la liberté d’expression, et cité tout un arsenal de lois depuis l’indépendance à nos jours, définissant l’organisation des médias (presse écrite électronique et audio visuelle), la liberté d’expression et la profession de journaliste qui doit s’imprégner des valeurs de l’éthique et de déontologie, et tirer les informations de canaux sûrs. Le procureur général, annoncera que pour la première fois, dans le cadre d’une Algérie nouvelle, les ministères de la justice et de la Communication travaillent en bonne coordination.
L’intervenant dira que le journaliste est un partenaire effectif de la justice. A ce titre, le journaliste reçoit des communiqués, ou des informations judiciaires au cours de conférences de presse qu’il communique à l’opinion publique pour lui faire éviter des informations erronées. Des photographies d’enfants égarés ou kidnappés de même que les noms des escrocs peuvent être publiées pour faciliter les recherches et avertir les victimes en vue de déposer plainte. Même dans certains cas, des informations concernant des affaires en cours d’instruction sont fournies à la presse pour être publiées en vue de mieux éclairer l’opinion publique, selon le procureur général. Celui-ci précisera que les intérêts suprêmes de l’Etat, les constantes de la nation, et la dignité et la vie privée des citoyens, ne doivent en aucun cas subir des préjudices. Le procureur général dira, et à juste raison, que la liberté d’expression n’est pas absolue, elle est relative, car elle ne s’exerce que dans le cadre de la loi. Celle-ci doit être connue de tous, et aucune excuse n’est tolérée pour celui qui l’ignore. Quant au journaliste de l’APS, Kadour Benattia Mansour, il a animé une conférence de presse portant sur la relation justice – presse. L’avocat Hamzaoui est intervenu pour expliquer la responsabilité pénale du journaliste quand il enfreint la loi dans l’exercice de sa mission, quand il devient auteur de diffamation, d’invectives ou portant atteinte aux intérêts suprêmes et aux constantes de la nation.
A cet effet, la loi lui sera appliquée au même titre que n’importe quel citoyen. Mérouane Mohamed, docteur en communication et en sciences de l’information animera une conférence ayant pour thème « la responsabilité professionnelle du journaliste ». Le conférencier dira que celui-ci se doit avant tout préserver sa crédibilité, de parfaire ses connaissances par la formation continue et de ne pas se précipiter de publier des informations avant de s’assurer de leur véracité. Il a aussi plaidé pour de bonnes relations que doit tisser le journaliste avec ses sources d’informations notamment les responsables. A l’issue des interventions, un riche débat s’est instauré. Tous les présents ont été d’accord pour l’organisation périodique de journées d’étude au profit des journalistes.
Charef.N