jeudi , 29 octobre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Adoptée jeudi par l’APN</span>:<br><span style='color:red;'>La révision constitutionnelle se rapproche du référendum</span>

Adoptée jeudi par l’APN:
La révision constitutionnelle se rapproche du référendum

«Un large débat sera ouvert avec la société civile, les associations, les personnalités, les experts, les partis agréés et toutes les franges de la société algérienne pour les associer au processus référendaire», a indiqué le ministre de la Communication.

Le projet de révision de la Constitution a été adopté, hier, à l’unanimité des voix des présents. Seule la députée Naïma Salhi a voté contre. Les partis de l’opposition se sont abstenus, à l’image du MSP, bien que sa proposition d’intégrer le 1er novembre dans le préambule ait été retenue dans la mouture finale présentée ce mercredi par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad. On retiendra les remarques de la commission des affaires juridiques, administratives et des libertés de l’Assemblée populaire nationale (APN), la volonté du Président de la République de répondre aux aspirations du peuple à l’édification «d’un véritable Etat démocratique».
Dans le même rapport, lu en plénière, il a été mis en exergue la participation de la classe politique, des personnalités, des compétences, des associations nationales, des syndicats et des professionnels, à l’enrochement du projet en question. De fait, ce projet a donc fait l’objet de larges consultations. «La volonté populaire exprimée par les Algériens le 22 février 2019 et les changements induits dans le processus démocratique de la République algérienne, constituent la base solide adoptée par les hautes autorités», souligne le même rapport, sans manquer de préciser «l’élargissement du champ des droits individuels et collectifs cadre avec les véritables objectifs au service de la Nation conformément aux principes ancrés qui constituent les points de consensus entre toutes obédiences de la société». Un aspect central de la démarche réformatrice que la commission de l’APN relève, soulignant dans la foulée la détermination d’instaurer «une réforme globale de l’Etat et ses institutions réclamée par les Algériens durant le Hirak populaire béni qui a jeté les bases d’une Algérie nouvelle pour tous ses enfants sans exclusion».
Le rapport qui revient sur toutes les innovations de la révision constitutionnelle qui viennent consolider les valeurs fondamentales sur lesquelles il repose, s’est renforcé par la Déclaration du 1er Novembre 1954 et a consacré le Hirak populaire et les changements qu’il a entraînés, relève entre autre, «la participation de la société civile à la gestion des affaires publiques, la représentation démocratique, la séparation des pouvoirs et la garantie des droits et libertés». Bref, le projet de loi fondamental qui se distingue par des changements profonds, répond à toutes les questions des Algériens et met la République sur la trajectoire voulue par le mouvement populaire du 22 février dernier.
Tous les aspects abordés dans le rapport de la commission de l’APN conduisent à souligner le caractère harmonieux du projet de révision constitutionnel et suscite des réactions, sinon enthousiastes, au moins reconnaissant le bien fondé de la démarche. On retiendra à ce propos, la réaction de l’Alliance nationale républicaine (ANR) qui a fait part de son soutien au projet de révision de la Constitution, arguant que le comité d’experts missionnés par le président de la République pour élaborer le projet de révision constitutionnel a «retenu 42 propositions sur les 50 suggestions du parti». Le communiqué ne manque donc pas de qualifier la mouture
d’«“équilibrée et assez consensuelle». Le seul reproche que fait l’ANR à la démarche présidentielle est de pure forme. Le parti émet, en effet «des réserves» quant au choix de la date du 1er novembre pour la tenue du référendum.
De son côté, le RND entend participer efficacement à la réussite du référendum sur la Constitution. Son SG, Tayeb Zitouni, a indiqué avant-hier la volonté de son parti de participer «de manière efficace» pour garantir la réussite des préparatifs pour la tenue du référendum sur la Constitution, prévu le 1e novembre prochain. Aussi, le RND envisage d’œuvrer avec «toutes les potentialités du parti», parmi les universitaires et les jeunes, afin d’organiser un espace de sensibilisation quant à l’importance du référendum et à y prendre part efficacement, une fois l’essence de la Constitution vulgarisée aux citoyens.
Pour le secrétaire général du Mouvement El-Islah, Filali Ghouini, le projet de révision constitutionnelle est en phase avec les principales revendications légitimes des Algériens, exprimées lors de leur Hirak authentique. M.Ghouini en veut pour preuve que la mouture de la révision constitutionnelle garantit «un équilibre entre leurs prérogatives et consacre un contrôle constitutionnel et juridique inédit notamment à travers l’établissement d’une Cour constitutionnelle, la Haute autorité pour la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption, et l’élargissement des prérogatives de la Cour des comptes au contrôle à postériori», a-t-il soutenu. Le secrétaire général du Mouvement El Islah a appelé à élargir le débat à toutes les régions du pays, à travers l’implication de la presse locale, des universités, des centres culturels et des maisons de jeunes, pour une large participation des citoyens au référendum sur la révision constitutionnelle le 1er novembre prochain.
C’est d’ailleurs, ce qui est prévu par le ministre de la Communication, Ammar Belhimer, l’a solennellement annoncé. «Un large débat sera ouvert avec la société civile, les associations, les personnalités, les experts, les partis agréés et toutes les franges de la société algérienne pour les associer au processus référendaire», a indiqué le ministre dans une déclaration à la presse en marge du vote par les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) du projet de révision de la Constitution. M. Belhimer a précisé que tous les médias écrits et audiovisuels seront mobilisés pour cette opération.
Anissa Mesdouf