jeudi , 29 octobre 2020

«La Santé partout et pour tous»

La journée mondiale de la santé, instituée par l’OMS, a été placée cette année sous le slogan de «la Santé partout et pour tous». Axée sur la couverture-santé universelle, cette journée internationale a été l’occasion d’affirmer et d’expliquer comment chaque individu doit pouvoir obtenir les soins dont il a besoin et quand ils lui sont nécessaires. Mais en Algérie, notamment à Oran, cette journée mondiale de la santé n’a guère suscité d’intérêt et n’a même pas été médiatisée, tant il est vrai que le secteur et la politique de la santé demeurent encore lourdement pénalisés par des déficits, des dysfonctionnements et des dérives cumulées depuis de longues décennies. A l’image du CHUO, le vieil hôpital universitaire d’Oran qui, malgré les efforts de ses responsables, ne cesse de connaitre des carences et des défaillances de fonctionnement qui l’empêchent d’atteindre un seuil de performance digne d’un grand établissement. Le nombre hallucinant de Directeurs généraux qui se sont succédé à son chevet durant la décennie écoulée, reflète à lui seul l’incapacité des gouvernants à pouvoir assumer leur mission d’orientation et d’assistance aux grandes structures locales de santé publique. Des gouvernants eux-mêmes handicapés par le vieux système de cooptation et de tâtonnement qui, depuis l’indépendance, a pris tout le pays en otage. Alors, comment célébrer ou plus simplement évoquer cette journée mondiale de la santé sans pointer du doigt cette hallucinante «culture de l’échec», entretenue depuis toujours sur le secteur de la santé, notamment en matière de santé de proximité, un volet complètement marginalisé au profit d’une politique de «centralisme hospitalier » qui répond aussi à de sombres intérêts. On sait que la plupart des grands centres hospitaliers, en particulier à Oran, les problèmes et les conflits au quotidien ont très souvent, entraîné un climat de marasme, de malaise et d’instabilité qui a toujours nourrit les inquiétudes et les interrogations de la Communauté universitaire. Certains gestionnaires, directeurs généraux d’Hôpitaux aussitôt nommés à la tête de l’établissement, réussissaient l’exploit de «se mettre à dos» presque tout le corps médical exerçant encore dans le secteur public. Les conflits et les remous au sein de l’hôpital, ne reflétaient au final que la médiocre gestion de l’activité médicale, contraire aux normes d’organisation et de bon fonctionnement des services hospitaliers. On sait, par ailleurs, que la désertion massive du service public au profit du privé, et la fuite à l’étranger des compétences algériennes formées dans plusieurs spécialités médicales telles que la cardiologie, la neurologie et l’urologie, demeurent un handicap majeur pour le fonctionnement des établissements hospitaliers. Loin des misères et des carences du vieil hôpital oranais, ils sont encore très nombreux à vouloir rejoindre d’autres rives où la santé moderne et les honoraires alléchants sont évidement attractifs. La politique de «l’immigration choisie» ne pouvait que favoriser la fuite des meilleurs spécialistes devant combler le déficit en personnel médical connu en France. De nombreux médecins généralistes algériens acceptent même d’exercer comme infirmiers ou aides saignants dans une banlieue française quelconque… Un rêve d’exil, aux allures de renoncement, qui semble se justifier par de curieuses exigences.

Par S.Benali