mercredi , 22 septembre 2021
<span style='text-decoration: underline;'>Avec plus de 70 cas de covid positifs par jour</span>:<br><span style='color:red;'>La situation épidémiologique à Oran est «catastrophique»</span>

Avec plus de 70 cas de covid positifs par jour:
La situation épidémiologique à Oran est «catastrophique»

La situation épidémiologique à Oran s’aggrave. En effet, la 2ème ville du pays enregistre plus de 70 cas positifs par jour.

«La situation est catastrophique, on dépasse les 70 cas par jour concernant les tests PCR sans les autres tests. L’hôpital de Chteibo dédié au Covid est archicomble» nous dira le docteur Youcef Boukhari le chef de service de prévention à la direction de la santé et de la population de la wilaya d’Oran.
Devant cette situation alarmante de nouveaux lits d’hospitalisation ont été mobilisés, il est prévu également que le nouvel hôpital d’une capacité de 100 lits à El-Kerma sera également réservé au Covid-19. «Nous avons ouvert le week-end dernier, le service infectieux du centre hospitalo-universitaire d’Oran ainsi que le service de pneumo-physiologie. Nous avons mobilisé également 30 lits supplémentaires à l’hôpital El-Mehgoun et 40 lits à l’hôpital d’Ain El Turck. Probablement dans les jours à venir, un hôpital de 100 places à El Kerma va être dédié au Covid-19. Il sera demain ou après-demain opérationnel. Si la situation actuelle persiste, nous envisageons de mobiliser un autre nouvel hôpital de 240 lits à Gdyel» précise le docteur Youcef Boukhari. Notre interlocuteur a lancé un appel à la population pour se rapprocher des polycliniques afin de se faire vacciner. «Le vaccin est disponible, afin d’atteindre les 70% de l’immunité collective, il faut que les gens se vaccinent et prennent les dispositions nécessaires pour le respect des mesures préventives comme le port de la bavette et le respect de la distanciation physique» dira-t-il.
Pendant ce temps-là, alors que la situation épidémiologique à Oran est marquée par une flambée des cas, le relâchement en matière des mesures préventives se poursuit notamment dans les moyens de transports, a-t-on constaté hier. Des bus bondés de monde circulent, et dans les restaurants et les cafétérias, les mesures préventives sont juste mentionnées sur les affiches, mais en réalité, peu de personnes les respectent.
Alors que sur les plages, un nombre important d’estivants a été aperçu le week-end dernier sans respect des mesures préventives. Beaucoup de citoyens restent négligents et ne semblent pas encore saisir la dangerosité de la situation pour eux et pour leurs proches surtout les personnes âgées et ceux ayant des maladies chroniques. Face à cela il faut encore rappeler, si besoin est, que la vaccination est très importante pour éviter les formes graves de la pandémie.
Notons, par ailleurs, que le docteur Boukhari a signalé récemment que de plus en plus de patients atteints de Covid-19 à Oran choisissent de rester chez eux et suivre le traitement habituel, ce qui augmente le risque de détresse respiratoire pour eux en l’absence d’un suivi médical dans un établissement adéquat.
«Les gens font un scanner ou un test rapide, ils découvrent la maladie, mais ne s’approchent pas des hôpitaux. Ils restent chez eux, pour prendre les médicaments à domicile. Mais l’évolution de la maladie se fait surtout durant la nuit. Ils sont ainsi piégés chez eux, ne peuvent pas aller à l’hôpital, et meurent chez eux. Parfois, ils partent chez le pharmacien pour demander un traitement d’un syndrome grippal. Durant la nuit, ils développent une détresse respiratoire. On les récupère trop tard malheureusement» dira- t-il.
Dans le meme cadre, beaucoup d’efforts sont faits pour la consultation et le cadre médical du service de prévention fournit d’importants efforts. «À l’hôpital de Chteibo, on consulte 200 personnes par jour minimum. Au niveau des polycliniques, on fait plus de 300 PCR par jour et plus de 250 tests rapides antigéniques» précise le docteur Boukhari. Concernant le nombre de PCR faites quotidiennement à Oran, elles dépassent les 600 dans les hôpitaux, polycliniques, l’Ipa et le laboratoire d’hygiène de la wilaya.
Fethi Mohamed