vendredi , 27 novembre 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Entretien avec le Pr Mohamed Mansouri, DG de l’EHU «1er novembre»</span>:<br><span style='color:red;'>«La solution ne peut être à l’hôpital pour endiguer la pandémie du Covid-19»</span>

Entretien avec le Pr Mohamed Mansouri, DG de l’EHU «1er novembre»:
«La solution ne peut être à l’hôpital pour endiguer la pandémie du Covid-19»

S’il n’est pas difficile aujourd’hui de cerner l’état d’esprit des blouses blanches, tous grades confondus, dans leur combat au quotidien face à la pandémie du Covid 19, il y a cet autre combat, plus pernicieux, sournois, plus frontal, à la limite de la violence psychologique auquel ils font et devront continuer à faire face dans les jours à venir, à savoir celui de la négligence et souvent l’entêtement d’une grande partie de la population, devenue difficile à sensibiliser et surtout à convaincre que le virus, est bien là, qu’il fait des ravages et qu’il tue.

En fait, le dilemme que vivent aujourd’hui les blouses blanches, en cette période particulière de reprise brusque de la pandémie, dont la courbe affiche une hausse dangereusement exponentielle, n’est pas totalement dans l’approche scientifique pour traiter et prendre en charge les patients atteints du Covid-19 et ce, eu égard à l’expérience cumulée depuis l’apparition de la pandémie et qui les a rendus aptes à affronter toute situation d’urgence, mais désormais, dans la quête de la stratégie idoine afin d’inciter le citoyen à faire preuve de plus de responsabilité face au phénomène, à être le premier rempart contre le déplacement du virus et la préservation de son environnement immédiat. Comme si bien résumé par le professeur Mansouri, directeur général de l’EHU « 1er novembre », « l’hôpital, n’est pas et ne peut être la solution pour endiguer la pandémie ; même si vous mettez 5.000 médecins, le problème restera le même et ce, tant que le comportement du citoyen se caractérisera par la négligence et le non-respect des gestes élémentaires dits de barrière, seuls à même d’isoler le virus et éviter sa circulation d’une personne à une autre, et seule manière d’atténuer sa propagation». Ainsi dit, il est aisé de comprendre que la situation épidémiologique, qui prévaut actuellement, au demeurant alarmante, n’est pas prête d’être vaincue et risque d’être maîtrisable, malgré les moyens colossaux humains et matériels mis en place par l’Etat et l’engagement sans faille des personnels médical et paramédical depuis le début de la pandémie au mois de mars dernier, sans la responsabilisation du citoyen et voire même l’endurcissement des moyens de lutte au niveau de certains secteurs névralgiques, dont celui du Transport en commun, jugé comme étant, un des vecteurs de contamination et de propagation, par excellence, du virus.
Le Pr Mansouri estime que la proximité et la promiscuité dans les transports sans distinction, métro, tram, bus, taxis, constitue un facteur à risque et est la première cause de ce départ de la deuxième vague de Covid-19 et à un degré moindre l’école, des foyers de contamination et où un enfant peut contaminer 30 autres enfants, ses enseignants et ses parents.
« Il est difficile de tracer, de localiser les clusters, il y a une réaction anormale, féérique dans les quartiers. C’est l’arche de Noé ! », confiera le Pr Mansouri, en réaction à ces regroupements inconscients de citoyens, même après l’heure décrétée pour le confinement.
Ceci donne surtout à comprendre que si le confinement avait, lors de la première vague, donné des résultats assez probants et permis de circonscrire le fléau, le relâchement s’avère désormais suicidaire, comme en atteste le chiffre de 100 patients traités/jour par l’EHU «1er novembre», où s’activent pas moins de 1100 médecins tous grades confondus et 1600 paramédicaux aguerris, mobilisés pour la circonstance malgré l’usure et la saturation.
En somme, la solution, la plus plausible, demeure incontestablement, la prévention et encore la prévention pour éviter les débordements dans les services médicaux et concourir à l’isolation du virus. Tout en reconnaissant l’ampleur de la tâche dans cette lutte contre la pandémie, dont il faudra encore faire avec lors des prochains mois jusqu’à l’arrivée d’un vaccin, le Pr Mansouri préconise de faire converger un triptyque «Social-Culturel-Economique», afin de mieux cerner la problématique suscitée par cette pandémie.
Karim Bennacef