mardi , 14 juillet 2020

....:
La victoire de la jeunesse d’abord

Le plus beau dans ce qui se passe en Algérie, c’est que cette mobilisation monstre contre le système politique en place a été l’œuvre de jeunes de moins de 30 ans. Le plus abject c’est cette pathétique manœuvre de pseudo intellectuels qui veulent se placer comme leaders de ce mouvement. Depuis quatre semaines, les jeunes, les premiers surtout, qui ont brisé le mur de la peur, ont clamé haut et fort leurs revendications et, ont quoique l’on dise, changé le cours de l’histoire en poussant le pouvoir à revoir toutes ses copies.
Ils ont pressé et réussi à arracher plusieurs concessions et ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin. Pendant ce temps les bien pensants se disputent les faveurs de Moscou,de Paris,de Ryad ou Dubai selon le biberon duquel ils ont tété et léché. Il est malheureux, de voir des intellectuels qui ont un pied à Alger et un autre à Paris, ou même les deux à Parisou ailleurs, s’ingénier à diriger cette révolte populaire dans la direction qu’ils veulent lui donner et l‘inféoder aux agendas de ceux qu’ils ont toujours servi et qui leur ont permis de glaner la « réputation usurpée » qu’ils ont aujourd’hui.
Cette merveilleuse révolution appartient à ces jeunes, étudiants et autres, qui ont bravé tous les interdits, réussi à diviser le pouvoir, à faire reculer les injonctions verticales, et installer cette horizontalité que nous n’avons jamais connue auparavant. Cette histoire est la leur avant tout, et ils l’ont donnée et partagée avec leur peuple sans calcul, sans desseins mesquins, ni ambitions de loups affamés.
C’est le cri d’une jeunesse qui a brisé ses chaînes et qui veut façonner son avenir et l’avenir de son pays selon ses idéaux et ses aspirations. Ils n’ont demandé l’autorisation et les conseils ni à Paris ni à Moscou,ni à Ryad ou autres vers lesquelles veulent les traîner cette intelligentsia de salon. Une intelligentsia qui croit pouvoir se réapproprier cet élan de la jeunesse en allant prendre quelques selfies au milieu de la foule pour leurrer une jeunesse qu’ils croient maniables, alors qu’elle a prouvé toute sa maturité en cassant une à une toutes les fourberies du système en place.
Encore une fois, beaucoup de notre supposée élite ne comprend pas la soif de liberté qui anime nos jeunes, et pense qu’elle peut surfer sur cette colère pour se payer une place au soleil. Elle croit qu’il suffit de se pencher pour ramasser toutes les dividendes de la lutte d’une jeunesse bien plus avisée que ne l’est cette élite encore soumise aux injonctions de leurs mentors d’outre mer.

Par Abdelmadjid Blidi