dimanche , 25 octobre 2020

La ville d’Oran et… les zones désertiques…

Il est bien évident que la ville d’Oran est l’un des centres urbains les plus importants du Pays en termes de densité de population. La commune d’Oran, on le sait, est d’ailleurs celle qui compte le plus grand nombre d’habitants. Ces paramètres importants devraient en principe être pris en compte dans les décisions politiques d’investissements. Légitimement choqué face à l’insuffisance, voire l’absence de structures et de moyens en matière de poste et télécommunication, M. Boumzar, le Ministre concerné a exprimé son indignation en indiquant qu’il «n’était pas dans le désert, mais à Oran, la capitale de l’Ouest… un quartier de 40 000 personnes sans bureau de poste est inconcevable » a-t-il encore lancé aux responsables locaux présents. Une vérité qui malheureusement a été médiatiquement «balayée» au profit de certaines interprétations abusives des propos du Ministre qui aurait, disent certains acteurs sur les réseaux sociaux, porté atteinte à «l’égalité des droits des habitants de toutes les régions du Pays». Les plus virulents dans la critique ont même parlé de discrimination, incitants à la colère des jeunes et des populations des agglomérations des régions du sud du Pays. Des régions qui depuis ces dernières années, sont au cœur de l’attention des gouvernants qui multiplient les projets de développement et de lutte contre l’enclavement et la marginalisation. En indiquant que ce quartier d’Oran n’est pas une zone désertique mais un espace urbain de plus de 40 000 habitants, le Ministre des télécommunications a bien mis le doigt sur la plaie qui depuis des décennies, ne cesse de pénaliser Oran et sa Région. A ce jour, la politique de développement local à Oran reste marquée par les efforts et les initiatives visant surtout à résorber les lourds déficits cumulés dans presque tous les secteurs d’activités. Dans certains quartiers, comme aux HLM/USTO, le seul bureau de poste existant est situé dans un appartement en rez de chaussée d’un immeuble perdu au milieu de la cité. Sans parler du cadre de vie clochardisé, des allées poussiéreuses défoncées, de l’éclairage aléatoire, de la flambée du trafic de drogue et de l’activité illicite, et de bien d’autres fléaux propres aux cités-dortoirs oubliées. Des endroits qui, en réalité, ne méritent même pas d’être comparés aux belles étendues désertiques du Sahara magnifique, qui elles au moins ignorent les absurdités, les inepties et les dérives scandaleuses commises sous le couvert du développement et de la dépense de l’argent public…
Par S.Benali