jeudi , 29 octobre 2020

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L’Aïd El Fitr perdu, sauvons l’Aïd El Adha

Avec des chiffres sur les contaminations quotidiennes, les Algériens voyaient venir la mesure restrictive des déplacements durant les deux jours de l’Aïd El Fitr. Ce qu’on craignait sera la dure réalité d’une fête religieuse pas comme les autres. Absolument pas comme n’importe quel autre Aïd depuis l’avènement de l’Islam en terre algérienne. Adoptant le principe de la prudence, l’Etat a tout bonnement proscrit pour 48 heures l’usage de moyens de locomotion. Il ne sera ainsi impossible à qui que ce soit de quitter son quartier dans la matinée et devra demeurer chez-lui, confiné, jusqu’au lendemain matin.
Les Algériens dans leur ensemble connaitront l’espace de deux jours la difficile situation déjà vécue par leurs concitoyens de Blida. Sauf que pour les deux jours en question, la «douleur» du confinement sera spéciale. On s’en souviendra très longtemps encore. Il sera dit que pour l’Aïd El Fitr de 2020, les Algériens s’étaient interdit le plus merveilleux don de Dieu : le pardon, la fraternité et la sollicitude sociale. Il y a, certes, les moyens modernes de communication, les réseaux sociaux, les visioconférences et autres gadgets inventés par l’homme pour faire de la terre un grand village. Il est, en effet, possible de contacter n’importe qui, n’importe où. Mais il a toujours été question, en ces journées de l’Aïd, qu’au-delà des inventions et le développement technologique, une accolade prenait une dimension irremplaçable.
Il faut malheureusement s’en défaire pour cette année. Les Algériens qui vivent avec le virus depuis plus de deux mois et qui ne l’ont pas vraiment « croisé », en tout cas pas dans les circonstances dramatiques que sont celles des européens, ressentent dans leurs âmes, les dégâts que provoque le Covid-19 dans le corps social de leur pays. Quoi qu’on en puisse dire pour expliquer ce Aïd «bizzare», le goût amer qu’il laisse aux Algériens ne disparaitra pas de sitôt.
Maintenant que la fête s’annonce d’ores et déjà «gâchée», il est opportun de s’intéresser, non pas aux causes, que tout le monde connait, mais au moyens d’éviter le même scénario pour l’Aïd El Adha, pour pouvoir rouvrir les mosquées de la République et reprendre la vie normale, dont on mesure l’importance en ces temps de pandémie. Pour cela, il est urgent que les Algériens, tous les Algériens, adoptent, comme un seul homme, une attitude responsable et civique. En un mot comme en mille, la balle n’est pas dans le camps des scientifiques, ni dans celle des politiques, elle est entre les mains des Algériens qui doivent se comporter en citoyens solidaires et conscients que la victoire contre la pandémie est d’abord l’affaire de tous.
Par Nabil.G